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Un fruit exotique qui prévient l’obésité

Des chercheurs de l’Université Laval ont découvert les vertus amaigrissantes du camu-camu

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Des chercheurs de l’Université Laval ont récemment fait une découverte qui pourrait ultimement permettre de combattre l’obésité et les maladies qui y sont reliées. La réponse à ces maux de plus en plus problématiques à l’échelle mondiale se trouverait dans une petite baie amazonienne : le camu-camu.

Dirigés par le Dr André Marette, les travaux conjoints de l’Université et de l’Institut de cardiologie et de pneumologie de Québec ont débouché sur une publication dans la réputée revue scientifique Gut. On y apprend que les premiers tests de l’équipe de Québec, menés sur des souris, ont permis de prévenir l’obésité, rien de moins.

«Lorsqu’on donne ça à des souris, on prévient complètement le développement de l’obésité, c’est phénoménal. Il n’y a aucune drogue ou médicament qui fait ça de façon aussi nette», explique le Dr Marette précisant que ce sont les polyphénols contenus dans le fruit qui jouaient le rôle le plus important.

Pour parvenir à ces résultats, les chercheurs ont examiné deux groupes de souris nourries avec une «diète de fast-food». Le groupe qui recevait l’extrait de camu-camu a pris 50% moins de poids que leurs consœurs qui gonflaient à vue d’œil.

Dr André Marette
Photo Courtoisie
Dr André Marette

Prévenir des maladies

En réussissant ce tour de force, le Dr Marette et son équipe ont aussi découvert que le camu-camu aurait des effets sur diverses maladies liées à l’obésité. L’augmentation du métabolisme causée par le fruit et son impact sur les bactéries intestinales pourrait améliorer le sort de plusieurs.

«Les souris ont à ce moment une santé métabolique. On prévient le diabète, la maladie hépatique, le système gastro-intestinal est en pleine santé. Tout ça semble s’expliquer par une amélioration du microbiote intestinal, qui sont de petites bactéries», souligne André Marette.

Comme le petit fruit, très populaire au Brésil et au Pérou, est un produit naturel, les scientifiques prévoient pouvoir débuter des tests cliniques rapidement. «Nous n’aurons pas besoin de faire de tests de toxicité. [...] Dès qu’on aura le financement, on peut avoir des résultats à l’intérieur d’un an ou deux. On pourrait avoir des résultats à présenter en 2020», précise le chercheur.

Gare au remède miracle

André Marette prévient toutefois ceux qui verraient dans le camu-camu leur élixir de minceur. Oui l’extrait du fruit peut prévenir l’obésité et pourrait ultimement la combattre, mais il ne s’agit pas d’un remède miracle.

«Il faut rester prudent. Vaincre l’obésité, ce n’est pas juste de prendre des produits riches polyphénols, c’est de changer ses habitudes de vie, faire plus d’exercices, mieux s’alimenter, bref il y a beaucoup de choses à faire. Mais ça peut être un premier pas pour aider ceux qui ont de la difficulté à perdre du poids», constate le chercheur, qui prône avant tout un régime de vie équilibré.