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«C’est un spectacle qui a très bien vieilli»

Luc Plamondon
Photo Agence QMI, Sebastien St-Jean Luc Plamondon

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Luc Plamondon tenait à souligner le 20e anniversaire de Notre Dame de Paris sur scène à Montréal. Après une première série de représentations couronnée de succès à Québec, le parolier est convaincu que la Belle Province était l’endroit idéal pour célébrer ses noces de porcelaine avec Quasimodo, Esméralda et compagnie. « Le public est toujours en délire. J’ai l’impression de rajeunir de 20 ans », confie-t-il.

L’impact de Notre Dame de Paris sur la scène internationale est indéniable. En plus de propulser les carrières de Garou, Bruno Pelletier, Daniel Lavoie et Hélène Ségara vers de nouveaux sommets internationaux, les chansons telles que Belle et Le temps des cathédrales sont encore aujourd’hui jouées – et aimées –, et ce, dans plusieurs langues.

« Ce spectacle a eu moins de succès que Starmania. Mais avec 600 000 albums de Notre Dame de Paris vendus, ça fait beaucoup de monde qui connaît les chansons, non ? Et c’est un spectacle qui a très bien vieilli », souligne Luc Plamondon en entretien au Journal.

« Tellement peur »

À l’époque, toutefois, rien ne semblait si sûr. En fait, Luc Plamondon se souvient avoir eu « tellement peur », anticipant le premier lever de rideau pour Notre Dame de Paris le 16 septembre 1998 au Palais des congrès de Paris. Une crainte partagée également par le compositeur Richard Cocciante.

« En France, j’étais Monsieur Starmania. Et j’avais écrit des tubes pop et rock très forts pour Céline Dion et Julien Clerc. Tout ça, c’était très loin de Notre Dame de Paris ! Alors pendant que je l’écrivais, j’avais peur que mes paroles soient trop littéraires, Richard Cocciante avait peur que sa musique soit trop lyrique », se souvient le parolier.

Les deux dernières décennies lui auront finalement prouvé que ses craintes étaient futiles. À ce jour, Notre Dame de Paris a été traduite en huit langues et applaudie par plus de 11 millions de spectateurs dans 20 pays.

Luc Plamondon
Photo Jean-Francois Desgagnes

Une rare longévité

Un fait d’armes dont peu de comédies musicales peuvent se vanter. Car, selon Luc Plamondon, rares sont celles qui survivent aussi longtemps.

« Il y en a beaucoup qui se sont plantées récemment, par exemple Les 3 Mousquetaires. La mise en scène de René Richard Cyr et Dominic Champagne était très belle, le spectacle était magnifique... mais les chansons étaient plates. Ils n’ont pas réussi à avoir un seul gros tube tiré de leur album. Il y a un dicton à Broadway qui dit que si on ne peut pas fredonner les chansons d’un spectacle en sortant, le spectacle est mort », avance-t-il.

« C’est justement la même chose à Broadway. Pendant les belles années, entre les deux guerres, il en sortait de 25 à 50. Combien ont survécu ? Pas beaucoup, finalement. Et de nos jours, de toutes les nouvelles créations, il n’y en a que deux ou trois par année qui restent », ajoute Luc Plamondon.

Notre Dame de Paris au cinéma ?

Notre Dame de Paris est donc bel et bien vivante. Cette fois-ci, la distribution est composée des Québécois Daniel Lavoie (Frollo), Richard Charest (Gringoire), Martin Giroux (Phœbus) et Valérie Carpentier (Fleur-de-Lys), accompagnés de la Libanaise Hiba Tawaji (Esméralda), du Français Jay (Clopin) et de l’Italien Angelo Del Vecchio (Quasimodo).

Mais pour l’instant, ce n’est que sur scène que les fans peuvent l’apprécier. Contrairement aux Mamma Mia !, Chicago, Into the Woods et autres Rent, l’œuvre de Luc Plamondon et Richard Cocciante ne fera pas l’objet d’une adaptation cinématographique de sitôt.

« Je ne suis pas contre. Mais notre show, il marche. Tandis qu’un film, ça peut très bien marcher, mais ça peut également se planter. Rien n’est garanti. On l’a vu avec Evita et Phantom of the Opera d’Andrew Lloyd Webber qui n’ont pas très bien fonctionné au cinéma », explique Luc Plamondon.

« De toute façon, on n’est pas sur le point d’arrêter de présenter le show », conclut-il.


Notre Dame de Paris sera présentée au Théâtre St-Denis du 5 au 30 septembre.