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Mieux s’occuper des élèves turbulents

Solution recommandée par Monique Brodeur, Michel Janosz, Véronique Dupéré, Égide Royer

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Le taux de diplomation des jeunes avec des troubles de comportement est de... 20 %. Et parmi eux, plus de 80 % sont des garçons.

Or, les enseignants sont « très mal formés » pour intervenir auprès de ces élèves, affirme Égide Royer, professeur en adaptation scolaire à l’Université Laval. Pendant leurs quatre années de formation, seulement quelques cours sont consacrés à la gestion de classe.

« Nos enseignants sont comme des dentistes qui n’auraient reçu comme unique formation pour réparer une carie qu’un cours sur l’importance du sourire », lance-t-il.

Cette lacune dans la formation des futurs profs est aussi dénoncée par Michel Janosz, spécialiste de la lutte au décrochage scolaire à l’Université de Montréal.

Or, apprendre à bien gérer les comportements turbulents est primordial, et ce, dès le début du primaire, insistent ces experts.

Certaines approches misent aussi sur l’enseignement de la discipline en classe, au même titre que les mathématiques et le français.

« Programme cinq étoiles »

C’est le cas du Soutien au comportement positif, une formule qui a fait ses preuves depuis une vingtaine d’années chez nos voisins du Sud et qui est présente dans plus de 18 000 écoles aujourd’hui. « C’est un programme cinq étoiles », lance M. Royer.

Un de ses éléments clés est l’enseignement à tous les élèves des bons comportements, comme les déplacements en rang dans l’école ou de ne pas déranger à la bibliothèque. De cette manière, les règles sont connues de tous les élèves.

Cette formule mise aussi sur une approche positive plutôt que punitive, souligne Sébastien Tardif, directeur adjoint à la réussite à la commission scolaire Rivière-du-Nord, où la majorité des écoles primaires l’ont adoptée.

« Ça fait une énorme différence », lance-t-il. Les enseignants passent moins de temps à faire de la discipline en classe et ont plus de temps à consacrer aux apprentissages, affirme M. Tardif.

Cohérence

Un autre ingrédient important est la présence d’un cadre clair qui permet de déterminer comment intervenir avec les élèves turbulents et quoi faire, en cas d’écarts de conduite mineurs ou majeurs.

L’objectif : éviter qu’un enseignant mette à la porte un jeune pour un devoir non fait alors que son collègue dans la classe voisine accepte dans son cours un élève qui l’a insulté.

Plus de cohérence dans les règles de l’école pourrait permettre d’éviter des situations de conflits avec la direction de l’école qui peuvent pousser des jeunes à décrocher, en particulier des garçons, souligne Véronique Dupéré, professeure en psychoéducation à l’Université de Montréal.