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[PHOTOS] 10 faits marquants de l'histoire d'Expo Québec

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À partir de 1912 et pendant plus de 100 ans, l'Exposition provinciale, ou Expo Québec à partir de 1969, a fait la joie des grands comme des petits. 

Concours d'animaux de ferme, manèges et jeux d'adresse, expositions commerciales, spectacles, tout le monde y trouvait son compte.

Sans parler de la barbe à papa, des pogos ou des hot-dogs à la «scrap»; il y en avait pour tous les goûts.

L'Expo annonçait également la fin des vacances et le retour en classe. On a beau y avoir mis un point final en 2015, on ne l'a pas oubliée. Certains tentent même de la ressusciter.

Voici dix faits marquants de son histoire.

1) Les premières expositions agricoles

Malgré toute la place occupée par les manèges, Expo Québec était avant tout une exposition agricole.

Si le Carnaval de Québec a des ancêtres au XIXe siècle, il en est de même pour l'Exposition provinciale.

En effet, une première exposition était organisée en 1818 sur le terrain des Cove Fields, derrière le Manège militaire.

La Société d'agriculture de Québec en organisait une deuxième en 1820  à la ferme Anderson située près du pont Dorchester dans Limoilou.

L'exposition provinciale de 1929, collection Jean-Marie Lebel.
L'exposition provinciale de 1929, collection Jean-Marie Lebel.

2) L'exposition provinciale

C'est en 1852 que le concept d'exposition provinciale voit le jour. Il s'agit alors d'une exposition non seulement agricole, mais également industrielle et commerciale.

Initialement, elle devait alterner annuellement entre Montréal et une autre ville.

Le tour de Québec vient en 1854 et se tient près du marché Saint-Paul, dans le secteur de l'actuelle gare du Palais.

Toutefois, la métropole accueille l'exposition plus souvent qu'à son tour.

Québec n'en sera l'hôte qu'en 1860, 1871, 1877 et 1887.

Extrait d'une publicité de l'Exposition provinciale de 1854, tirée du Journal de Québec du 26 août 1854.
Extrait d'une publicité de l'Exposition provinciale de 1854, tirée du Journal de Québec du 26 août 1854.

3) La Compagnie de l'Exposition de Québec

Plusieurs promoteurs de la capitale sont frustrés de la prépondérance de Montréal dans le cycle de présentation des expositions provinciales.

Dans ce contexte, certains songent à faire bande à part.

C'est ainsi qu'en 1892, une loi crée la Compagnie de l'Exposition de Québec.

Une première présentation a lieu en 1894 aux Cove Fields, au Manège militaire et au Skating Rink.

Toutefois, on aimerait bien trouver un site permanent.

Ce sera chose faite en 1898.

Exposition provinciale de 1894, Manège militaire, vue éloignée des stands de Latimer & Légaré et de Frosts Wood, BAnQ, Fonds Philippe Gingras, P585,D4,P14.
Exposition provinciale de 1894, Manège militaire, vue éloignée des stands de Latimer & Légaré et de Frosts Wood, BAnQ, Fonds Philippe Gingras, P585,D4,P14.

4) La propriété Gowen

En 1898, la Compagnie de l'Exposition de Québec fait l'acquisition de la vaste propriété de l'homme d'affaires Hammond Gowen dans Limoilou, le site actuel d'ExpoCité.

On construit à la hâte quelques bâtiments de bois dessinés par l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy et, la même année, une première exposition est inaugurée.

À ses débuts, le rythme des présentations est plutôt irrégulier, mais en 1911, les installations et l'organisation sont municipalisées et désormais, l'activité devient un classique annuel.

Hammond Gowen, 1902-1903, BAnQ, P1000,S4,D3,P30.
Hammond Gowen, 1902-1903, BAnQ, P1000,S4,D3,P30.

5) Le site de l'Expo

La propriété Gowen est un site tout à fait idéal.

Elle est située en bordure de la voie ferrée de la Canadian Northern; le transport des bestiaux n'en sera que facilité.

De plus, toutes les routes de la région y convergent, que ce soit la route des Commissaires (boulevard Wilfrid-Hamel), la route de Charlesbourg (1re Avenue), le chemin de la Canardière ou la rue de la Pointe-aux-Lièvre et le pont Bickell (Lavigueur).

Encore de nos jours, le site est assez central à l'intérieur des limites de la ville.

Le terrain de l'Exposition situé en bordure du chemin de fer de la Canadian Northern, AVQ, VM 15-01-05-05.
Le terrain de l'Exposition situé en bordure du chemin de fer de la Canadian Northern, AVQ, VM 15-01-05-05.

6) Les pavillons

Au fil du temps, les bâtiments temporaires de 1898 seront remplacés par des pavillons permanents, dont certains sont toujours en place aujourd'hui.

En 1913, on inaugure le pavillon des Transports (aujourd'hui le pavillon des Arts). Il s'agit du plus ancien édifice permanent d’ExpoCité. Il est inspiré de l’architecture monumentale de la Troisième République française; le plus beau bâtiment de l'histoire du lieu aux dires de certains.

En 1916, l'estrade de bois de la piste de course est remplacée par le Palais central (l'Hippodrome); en 1966, ses gradins sont fermés et chauffés. Il est démoli en 2012 pour faire place au Centre Vidéotron.

En 1924, le pavillon du Commerce remplace le Palais de l'Industrie construit en 1898 et devenu désuet.

En 1930, ce sera le pavillon de l'Agriculture, appelé le Colisée à compter de 1942.

À la suite de son incendie survenu en 1949, on construit l'actuel Colisée.

En 1950, on reconstruit le pavillon de l'Agriculture qui devient, en 1969, le pavillon de la Jeunesse.

Plus récemment, on construit l'Espace K et le Centre de foires.

Le Palais central, la piste de course, le Palais de l'industrie et le Pavillon des transports, BAnQ, E21,S110,SS1,SSS1,PK101-7.
Le Palais central, la piste de course, le Palais de l'industrie et le Pavillon des transports, BAnQ, E21,S110,SS1,SSS1,PK101-7.

7) Une grande première

En 1912, c'est la naissance de la première édition de la nouvelle Exposition provinciale de Québec.

À cette occasion, un avion survole Québec.

En effet, parmi les spectacles proposés, on présente l'aviateur belge George Mestach, l'homme-oiseau.

Le 27 août, malgré une température défavorable, il fait une envolée de quelques minutes à bord de son monoplan Borel-Morane.

Il ébahit la foule.

On lui réserve une ovation lors de son atterrissage.

Jusqu'au 4 septembre, il fera plusieurs envolées.

Il survolera la ville à 6000 pieds d'altitude et il larguera de son appareil des messages qui virevoltent jusqu'au sol.

Les Québécois voient en cet aviateur un héros.

Ils sont également fascinés par la nouvelle invention.

L'aviation sera d'ailleurs une attraction de l'exposition durant plusieurs années à venir.

L'aviateur George Mestach, carte postale, BAnQ, CP 023805 CON.
L'aviateur George Mestach, carte postale, BAnQ, CP 023805 CON.

8) Les jeux d'adresse et de chance

Dans les années 1930, le jeu de bingo devient la grande vedette de l'Expo, celui des Zouaves étant le plus populaire.

Ceux-ci se construiront même un kiosque permanent. Devant leur succès, plusieurs organismes les imiteront, que ce soit les Chevaliers de Colomb ou les Frères des écoles chrétiennes.

Apparaîtront également les jeux d'adresse, tels les roues de fortunes, les lancers de balles et les tirs de dards pour tenter de gagner un toutou de peluche.

Et à travers tout ce bazar abonderont les kiosques de restauration rapide offrant frites, hot-dogs, barbes à papa, pop-corn et pommes de tire.

Le bingo des zouaves à Expo Québec en 1948, collection Albert Dorval.
Le bingo des zouaves à Expo Québec en 1948, collection Albert Dorval.

9) Les manèges

Dès les années 1920, plusieurs jeux mécaniques font leur apparition.

On y voit évidemment une grande roue à sièges doubles fréquemment utilisée par les amoureux, des merry-go-round et des carrousels de chevaux de bois.

Dans les années 1940, des entreprises spécialisées s'imposent dans ce domaine.

Il y a d'abord la Racine Greater Shows, remplacée dans les années 1960 par les manèges de Beauce Carnaval.

L'Expo est également un lieu de grands spectacles de chants, de danses et de variétés.

Durant de nombreuses années, on y présente les Ice Capades et Holiday on Ice.

La grande roue de l'Exposition provinciale en 1947, BAnQ, E6,S7,SS1,P39177.
La grande roue de l'Exposition provinciale en 1947, BAnQ, E6,S7,SS1,P39177.

10) La maison de l'Expo

Pour plusieurs, l'Exposition provinciale était synonyme du tirage d'une maison.

Une grande première en 1957 alors que le modeste sacristain de l'église Saint-Pie-X de Limoilou gagne une maison de rêve.7Un événement qui crée un engouement.

Dès l'année suivante, une tradition est née avec le tirage annuel d'une maison avant-gardiste dont les profits iront aux œuvres du Club Kinsmen venant en aide aux orphelins et aux familles démunies.

À partir de 1997, les profits iront à la Fondation Maurice Tanguay.

Des curieux attendaient longtemps en file pour pouvoir la visiter et rêver un peu.

On trouve encore beaucoup de «Maison Kinsmen» disséminées çà et là dans la ville de Québec et son ancienne banlieue.

La première Maison Kinsmen de 1957, AVQ.
La première Maison Kinsmen de 1957, AVQ.

Jean-François Caron, Société historique de Québec


Pour obtenir plus d'information, consultez le livre de l'historien Jean-Marie Lebel, L'Expo : plaisirs et découvertes à Québec, Les Publications du Québec, 2011.


Vous pouvez consulter la page Facebook de la Société historique de Québec en cliquant ici et le site web en vous rendant ici.