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La relation de confiance entre les gars et leurs profs est fondamentale

Solution recommandée par Véronique Dupéré, Michel Janosz, Michel Perron, Pierre Potvin et Égide Royer

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À l’école secondaire Pierre-Bédard, située à Saint-Rémi, en Montérégie, la mise en place d’un programme de tutorat et de mentorat a fait diminuer de moitié le taux de décrochage, qui est passé de 12,5 % à 5,6 % en... trois ans.

L’approche développée dans cette école s’inspire d’un programme qui a fait ses preuves depuis le début des années 1990 aux États-Unis : Check and Connect, développé à l’Université du Minnesota.

Maintenant en place dans plus de 27 États américains et ailleurs dans le monde, Check and Connect repose sur une équipe de mentors, qui sont généralement des enseignants, avec qui des élèves en difficulté peuvent développer une relation de confiance.

Chaque semaine, ces mentors suivent le parcours de ces jeunes en se basant sur une série d’indicateurs (absentéisme, résultats scolaires, problèmes de comportement, devoirs non faits, etc.).

Ils les rencontrent régulièrement et veillent à ce que leurs protégés reçoivent les services appropriés, tout en assurant un suivi avec leur famille.

Des résultats au Québec

Au Québec, l’équipe du professeur Michel Janosz, à l’Université de Montréal, a développé une adaptation québécoise de ce programme. Rebaptisée Motiv’action, cette formule a été testée dans des écoles secondaires de la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries (CSDGS), en Montérégie.

Or, les coûts élevés qui y sont rattachés ont poussé la commission scolaire à en développer une « version améliorée », afin de faire davantage de prévention auprès de tous les élèves et ainsi réduire les besoins d’intervention.

Les tuteurs déjà en place – des enseignants qui sont responsables d’un groupe d’élèves – ont été mis à contribution pour agir en tant qu’intervenant de « première ligne » : ils suivent leurs élèves à la trace, toujours grâce à une série d’indicateurs qu’ils consultent chaque semaine.

C’est ce qui leur permet de « lever le drapeau rouge », explique Marie-Josée Bibeau, directrice des services éducatifs à la CSDGS. Les tuteurs peuvent alors intervenir auprès des élèves en difficulté et s’assurer qu’ils reçoivent de l’aide supplémentaire, au besoin. Des jeunes pourraient alors être suivis par des mentors, sur une base individuelle.

L’intervention des tuteurs permet de réduire le nombre d’élèves qui ont besoin de ce suivi plus personnalisé, ajoute Mme Bibeau. Plutôt que d’agir en « pompier » quand l’élève vit de sérieuses difficultés, ce système permet d’intervenir plus rapidement, dès le moment où le jeune s’engage sur une pente glissante.