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Des espoirs en quête de soutien

Le cyclisme nord-américain vit une période plus difficile ; quelques équipes menacées

En fin de carrière, Bruno Langlois, 39 ans, a toujours réussi à poursuivre son chemin, tandis que Pier-André Côté, 21 ans, espère continuer de progresser pendant encore plusieurs années.
Photo Simon Clark En fin de carrière, Bruno Langlois, 39 ans, a toujours réussi à poursuivre son chemin, tandis que Pier-André Côté, 21 ans, espère continuer de progresser pendant encore plusieurs années.

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À quelques jours des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal, un bon nombre d’espoirs canadiens cherchent activement du soutien afin de poursuivre leur carrière puisque plusieurs équipes nord-américaines vont cesser leurs activités en 2019.

En quittant le peloton élite québécois, les meilleurs athlètes d’ici ont besoin du tremplin que représentent des formations comme Silber, UnitedHealthcare ou Jelly Belly, toutes menacées de disparaître. Or, des douzaines de jeunes cyclistes professionnels se retrouvent dans une position précaire et certains songent à la retraite faute de soutien pour l’an prochain.

Pour se frotter aux meilleurs au monde et accéder au World Tour comme Hugo Houle et Antoine Duchesne, les étoiles montantes ont besoin d’un minimum d’encadrement.

«Le problème reste toujours les commanditaires. Le vélo se porte bien. Les gens achètent des fat bikes, des gravel bikes. En même temps, lorsque j’ai commencé, plusieurs structures n’existaient pas, et j’aurais pu arrêter à chaque année. Les meilleurs vont encore ressortir du lot», affirme le vieux loup Bruno Langlois, qui en sera à sa 8e présence au Grand Prix de Québec en neuf éditions depuis la création de l’épreuve en 2010. Le vétéran de 39 ans affiche toujours une forme exemplaire après une autre excellente saison et une récente victoire d’étape au Tour de La Guadeloupe.

Période sombre

Les plus jeunes sont très conscients de la dure réalité actuelle.

«Il y a un creux dans le cyclisme. Je suis chanceux, je ne suis pas dans la misère du tout. Plusieurs autres méritent une chance et j’en connais qui vont peut-être arrêter le vélo, parce qu’il n’y a pas de place pour courir. Avant 25 ans, tu vis ton rêve et tu peux aller à l’école en même temps. Après, tu ne veux pas être payé 2500 $ par année», ajoute Pier-André Côté, 21 ans, de Saint-Henri.

Après deux belles victoires d’étape au dernier Tour de Beauce et un séjour récent en altitude dans l’Utah et le Colorado, l’étudiant en actuariat est fort motivé à l’approche de sa seconde participation aux Grands Prix cyclistes, puisqu’il vient de signer avec l’équipe américaine Rally pour 2019.

Le financement

Au Canada et aux États-Unis, le calendrier de courses UCI est également moins étoffé avec la fin des épreuves en Alberta et à Philadelphie par exemple.

«Avec une équipe de 14 gars, on fait moins de courses. Tu ne peux pas arriver pour performer dans un tour de sept jours avec six jours de compétition seulement dans les jambes dans toute ta saison», précise Côté, qui devrait être au Championnat du monde en Autriche à la fin septembre.

«C’est un problème de financement. Le Canadien de Montréal, le nom ne change pas pendant 100 ans. La Banesto de Miguel Indurain, personne ne se rappelle que c’est Movistar aujourd’hui. Les équipes n’ont pas accès à la vente de billets ou aux revenus de télévision. Ça dépend de gens comme moi qui sont passionnés du sport», mentionne le richissime homme d’affaires canadien Sylvan Adams, copropriétaire de l’équipe Israël Cycling Academy, la formation de Guillaume Boivin invitée par l’organisateur des Grands Prix cyclistes.

Les cyclistes professionnels arriveront à l’Aéroport Jean-Lesage à 15 h mardi en prévision du Grand Prix de Québec prévu ce vendredi.

Boivin revient après trois mois d’arrêt

Incertain de participer aux deux Grands Prix cyclistes, le Québécois Guillaume Boivin a obtenu le feu vert des médecins pour revenir à la compétition après une pause forcée de trois mois.

Après avoir complété le prestigieux Tour d’Italie au mois de mai, le cycliste de 29 ans s’est fracturé le tibia lors d’une chute survenue en Belgique au début du mois de juin. Boivin est entré en collision avec une voiture, et les radiographies ont confirmé qu’il serait à l’écart pour une longue période.

L’athlète n’en est pas à sa première convalescence. En 2016, une grave coupure au genou, trois semaines avant les Grands Prix cyclistes, avait menacé sa présence. Loin d’être au sommet de sa forme, il est quand même très enthousiaste de revenir dans le peloton dans quelques jours.

Soulagé

«Je ne pensais vraiment pas être là. Le docteur m’a dit que ça allait tenir. Je sens que la forme revient un peu. Ça va faire trois mois. C’est chez moi, même si ce n’est pas facile pour recommencer. Je n’ai pas de douleur, mais il fallait prendre le temps de guérir. J’ai vraiment hâte de courir», explique-t-il.

Boivin s’attend d’ailleurs à épauler son coéquipier italien Kristian Sbaragli, qui devrait bien performer sur le parcours de Québec.

Si tout se passe bien, le Québécois devrait pouvoir courir ensuite jusqu’à la fin du mois d’octobre en Italie, en Belgique et en France. Outre son inactivité, le parcours montagneux du Championnat du monde ne lui convient pas cette saison.

Par ailleurs, Boivin pourrait bientôt compter sur l’appui d’un second Québécois au sein de l’équipe Israël Cycling Academy. Le magnat de l’immobilier Sylvan Adams aimerait ajouter un autre talent local à sa formation.

«Je supporte l’idée à 100 % d’aider des gars de chez nous!», termine-t-il.