/news/education
Navigation

Permettre aux gars d'être des gars

Solution recommandée par Michel Perron, Pierre Potvin et Égide Royer

Élèves école du Boisé Sept-Îles
Photo courtoisie, JB Films À l’école primaire du Boisé, à Sept-Îles, un comité composé de papas a été mis sur pied pour adapter davantage l’école aux garçons, afin de lutter contre le décrochage scolaire. Sur la photo, des élèves sont prêts pour une visite dans un centre de formation professionnelle, dans le cadre de la réalisation d’un vélobus, un projet hors du commun conçu par les élèves.

Coup d'oeil sur cet article

Pour adapter l’école aux garçons et rendre les apprentissages plus concrets, une école primaire de Sept-Îles a pris les grands moyens: ses élèves se sont lancés dans la construction d’un «vélobus» et peuvent même faire... de la lutte sumo dans la cour d’école!

Plusieurs experts affirment que l’école est souvent mal adaptée à l’énergie et à l’intérêt des garçons. Ils ont davantage besoin d’être actifs et de trouver une réponse à la grande question: «À quoi ça sert, l’école?»

Sylvie Roussy, qui était jusqu’à tout récemment directrice à l’école primaire du Boisé sur la Côte-Nord, l’a aussi constaté. Pour prévenir le décrochage scolaire, elle a voulu augmenter «l’indice de bonheur» dans son école en mettant sur pied le «chantier garçon».

L’initiative est née à la suite de discussions entourant la gestion des comportements dans la cour d’école, raconte Mme Roussy. Les garçons n’avaient pas le droit de jouer «au roi de la montagne» ou de se chamailler, ce qui suscitait bien des discussions dans cette école qui compte six enseignants masculins, un nombre record dans la commission scolaire du Fer.

Mme Roussy a alors fait appel à des pères pour qu’ils s’impliquent dans un comité de réflexion pour changer le visage de l’école, afin de l’adapter davantage aux garçons. Six d’entre eux ont répondu à l’appel.

Résultat: les élèves de l’école du Boisé peuvent maintenant faire de la lutte sumo dans la cour d’école, mais dans un contexte encadré, avec des règles très claires et sous supervision.

Un vélobus en chantier

Au fil des discussions, ce comité de réflexion a aussi accouché d’un projet d’envergure pour ses élèves de 5e et 6e année: la conception et la réalisation de A à Z d’un vélobus qui permettra à une dizaine d’enfants de se rendre à l’école chaque matin, en pédalant.

«À la fin du primaire, on sent qu’il y a une baisse de motivation. C’est le moment privilégié pour instaurer une folie scientifique où on fait de la manipulation et du concret», explique Mme Roussy.

Grâce à une subvention et à l’implication d’entreprises de leur communauté, ces élèves vont concevoir les plans, réaliser des maquettes et visiter les usines où le vélobus sera conçu.

Le projet, amorcé l’an dernier, se poursuit cette année. L’effet sur les élèves a été immédiat, raconte Mme Roussy: «Des parents nous ont dit que leurs enfants avaient maintenant le goût de venir à l’école.»

Mettre l’accent sur l’activité physique et apprendre grâce aux nouvelles technologies et à la robotique sont aussi d’autres avenues à développer pour mieux adapter l’école québécoise aux garçons, soulignent des experts.