/opinion/blogs/columnists
Navigation

Interdit aux pénis

Interdit aux pénis
klenger - Fotolia

Coup d'oeil sur cet article

 

 

En Suède, une Festival sans pénis a eu lieu vendredi. Un festival de musique où le public, les artistes et le personnel avaient tous en commun de NE PAS être des hommes.

Enfin, de ne pas être des hommes nés dans des corps d’hommes ou s’identifiant comme des hommes.

Parce qu’on admettait, dans ce festival, les personnes non-binaires et les personnes transgenres.

Même les employés en restauration ou les agents de sécurité devaient montrer patte blanche, enfin vous voyez ce que je veux dire : prouver qu’ « elles » n’étaient pas des « ils ».

Et, comble de la féminisation, seules les journalistes qui n’étaient pas des hommes cisgenres (nés dans un corps d’homme) étaient autorisées à couvrir l’événement.

Je comprends que les femmes veuillent se retrouver entre elles parce qu’elles sont tannées de se faire pogner différentes parties de leur corps, de se faire achaler ou carrément agresser lors de ces rassemblements festifs (un festival suédois a été annulé à la suite d'agressions sexuelles).

Mais est-ce qu’on doit jeter bébé avec l’eau du bain ?

À cause d’une minorité de gars qui sont des cabochons ou des agresseurs, on élimine TOUS les hommes ? Comme s’ils étaient TOUS des agresseurs potentiels.

Si on considère que les gars sont  dangereux comme membres (excusez-la) du public, est-ce nécessaire de les éliminer aussi sur scène ?

Un party de filles ne peut se dérouler en sécurité que si tous les musiciens sont des musiciennes ?

Autre question : les femmes entre elles se comportent toujours de façon impeccable ? Jamais de gestes déplacés, de paroles agressantes, jamais d’insistance un peu gênante ?

Il n’y a jamais une femme saoûle qui a gâché un party de filles ? Jamais une femme lesbienne ou queer n’a posé de geste perçu comme agaçant par une autre femme ?

Il me semble qu’en interdisant aux hommes d’assister à ces rencontres, on ne fait que déplacer le problème. Au lieu d’augmenter la sécurité, au lieu d’éduquer, au lieu d’apprendre à mieux évoluer ensemble, on reste chacun chez soi.

Vous voulez savoir le plus drôle ?

Comme la Suède est un pays ultra préoccupé par l’égalité hommes-femmes, ils ont là-bas un Ombudsman de l’égalité. Cet organisme gouvernemental a reçu des plaintes concernant le festival, qui pratiquerait de la discrimination... envers les hommes cisgenres.

Des femmes ... accusées de discrimination. Avouez que c’est assez ironique, non ?