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Si le prochain gouvernement était élu par des poteux...

Les propositions de Québec Solidaire sont les plus populaires, selon mon sondage très maison. Celles du PLQ arrivent tout de même en deuxième, juste devant celles du PQ. Loin derrière, on retrouve les idées de la CAQ.
Montage Michael Labranche Les propositions de Québec Solidaire sont les plus populaires, selon mon sondage très maison. Celles du PLQ arrivent tout de même en deuxième, juste devant celles du PQ. Loin derrière, on retrouve les idées de la CAQ.

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Si la tendance se maintient, le prochain gouvernement sera formé par Québec solidaire...enfin s’il n’en tenait qu’aux lecteurs de ce blogue.

La semaine dernière, j’ai mené sur cette page un petit sondage sur les promesses électorales des partis politiques sur le pot.

Voici donc les résultats : les propositions de Québec Solidaire sont les plus populaires et reçoivent un vote favorable à 64%. Peut-être parce qu’il est le seul parti à être d'accord avec la culture de quatre plants à la maison...

Le PQ, lui, en autoriserait 2 et il obtient 51% de voix favorables selon mon sondage très maison. C'est déjà un meilleur score que lors du dernier référendum, me direz-vous.

La loi des libéraux reçoit aussi un vote favorable à 55%. La CAQ, qui propose les mesures les plus restrictives, obtient seulement 23% d’appui.

Pour ceux qui m’ont accusée de faire un sondage bidon, je souligne QU’IL FALLAIT VOTER EN CLIQUANT SUR DES GIFS DE CHATS ET DE MACHO MAN (ce qui m’a d’ailleurs permis d’apprendre que Randy Savage est mort... DEPUIS 7 ANS!). 

Personnellement, je ne pense pas que les promesses sur le cannabis seront déterminantes dans la campagne électorale. Mais l'une d'entre elles m’interpelle. Le PQ et la CAQ veulent interdire la consommation du pot dans les lieux publics.

Je rappelle que la loi comprend déjà des interdictions dans plusieurs lieux précis dont les salles de bingo et de kinzo (une raison de moins d’aller là, hein?).

Où peut-on fumer, alors?

La consommation de pétards dans les lieux publics est intéressante et complexe. D’un côté, le fait de fumer dans les parcs et les rues pourrait contribuer à banaliser la consommation.

(J’écarte ici l’argument foireux du danger d’être buzzé à l’insu de son plein gré par la fumée secondaire... n’importe quel ado qui a déjà tenté de se geler sur les vapeurs des autres vous confirmera que ça ne fonctionne pas).

Et d’un autre côté, si on décide que le cannabis est légal et si on veut que les lois soient respectées, il faut bien tolérer sa consommation quelque part.

Les propriétaires d’appartements pourront déjà interdire à leurs locataires de consommer du pot à l'intérieur.

La CAQ veut aussi que les consommateurs obtiennent une autorisation de leur syndic de condo.

À ce compte, seuls les propriétaires de maison pourraient consommer légalement. L’épluchette de blé d’inde annuel chez ton oncle Réal à Mascouche devient soudainement intéressante.

L’exemple du Colorado

Pour donner du poids à leur argumentaire, les partis politiques rappellent que même le Colorado interdit la consommation dans les lieux publics.

Mais cinq ans après avoir légalisé le cannabis, l’État américain essaie encore de définir ce qu’est un « lieu public».

Par exemple, dans la Ville de Denver, l’interdiction s’applique à des lieux où un nombre «substantiel» de personnes a accès. Ça ouvre la porte à l'interprétation.

Le conseil municipal a récemment tenté d’interdire de fumer sur le balcon d’une maison si ledit balcon est visible des passants sur le trottoir. Il s'est finalement ravisé.

Sam Kamin, professeur de droits et spécialiste des lois et politiques sur le cannabis à l’Université de Denver, m’expliquait tout ça au téléphone lorsque je l’ai interrompu pour lui demander : et comment ça marche jusqu’à présent? Est-ce que les gens respectent les interdictions?

«Non», a répondu sans détour M. Kamin, ajoutant que les plaintes sont nombreuses concernant la consommation dans des voitures, ruelles et coins de rue. 

«Et les touristes n’ont tout simplement pas d’endroits où consommer, car ils ne peuvent fumer dans les dispensaires, ni dans les parcs, ni dans les hôtels, ni dans les bars», poursuit-il.

À Montréal, au moins, il leur resterait le bonheur de faire un tour d’Amphibus ou manger une queue de castor, des activités amusantes à jeun.

Mais en gros, cette interdiction a eu deux conséquences au Colorado : encourager la consommation de produits comestibles (comme des muffin au pot) et la prolifération des «cannabis club». 

Et les Coffee Shops?

Si les politiciens québécois veulent utiliser le Colorado en exemple, il faudrait aussi parler de ces clubs.

«C’est un peu une zone grise, je peux t’inviter à fumer un joint à ma maison avec 10 autres personnes et ce n’est pas un club, explique M. Kamin. Mais si j’invite 100 personnes et commence à charger un droit d’entrée, ça ressemble à club et pour ça la ville donne des autorisations depuis 2016, une sorte de «licence à consommation sociale».

Or, le processus d’application est assez lourd. Résultat, il y a eu peu d’applications et à peine quelques applicants ont été autorisés. La plupart ne sont donc pas sur le radar des autorités, explique M. Kamin.

«L’absence d’un endroit légal pour consommer signifie par définition que les gens vont consommer illégalement», ajoute M. Kamin. Pour les parents qui ont des enfants à la maison et ne veulent pas fumer chez eux, les clubs leur permettent d’avoir un endroit encadré.»

Pendance ce temps, au Québec...

Au Québec, la loi de 2005 interdit de fumer dans les bars et restaurants. Une poignée de salons de cigare a toutefois pu obtenir une dérogation, une sorte de droit acquis. Aucun nouvel établissement n'est reconnu depuis 2005. Si un endroit ferme, il n'a pas le droit d'ouvrir ailleurs.

Les clients peuvent fumer le cigare, mais pas la cigarette. Et le ministère de la Santé me confirme que les dérogations ne pourront pas s’appliquer pas au cannabis.

Rouvrir la loi pour autoriser des coffee shop serait ouvrir une grande boîte de pandore, croit Simon Beaulieu, le copropriétaire du Whisky Café à Montréal où l’on trouve un salon de cigare.

«Comment vérifier si certains ne mettent pas de tabac dans le joint?», se questionne-t-il.

Les rares tenanciers qui possède une dérogation ne prendront pas le risque de la perde pour accueillir les fumeurs de weed.

Le débat devrait tout de même finir par atteindre le Québec. Les cannabis clubs ou coffee shops existent déjà en Colombie-Britannique et en Ontario.

Justement chez nos voisins ontariens, il sera interdit de consommer dans les lieux publics. Mais on compte des dizaines de clubs.

En campagne électoral au printemps, Doug Ford s’est d’abord dit ouvert à autoriser certains salons de cannabis. Puis, une fois élu, il a tenté de les interdire avant de tout suspendre, le temps que le nouveau gouvernement mette sur pied un nouveau plan.

Il y a même deux clubs, où les gens peuvent fumer et assister à un spectacle d’humour!

Je connais quelques humoristes du déclin qui seraient heureux d’avoir l’aide du cannabis pour donner un second souffle (ou plutôt un shotgun) à leur carrière...

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