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Air Saguenay en difficultés

La perte du transporteur menacerait l’accès au Grand Nord

Le gestionnaire des opérations d’Air Saguenay, Jean Tremblay, posant devant deux hydravions de l’entreprise -un De Havilland Otter et un De Havilland Beaver- au lac Sébastien, la base principale, à Saint-David-de-Falardeau.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon Le gestionnaire des opérations d’Air Saguenay, Jean Tremblay, posant devant deux hydravions de l’entreprise -un De Havilland Otter et un De Havilland Beaver- au lac Sébastien, la base principale, à Saint-David-de-Falardeau.

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Le plus important transporteur de brousse au Québec, Air Saguenay, accuse le gouvernement Couillard de l’acculer à la faillite en refusant de débloquer les sommes prévues pour venir en aide à l’industrie après la fin de la chasse au caribou.

« On est en difficultés financières, reconnaît son gestionnaire des opérations, Jean Tremblay. Ça met vraiment en péril la continuité des opérations. »

Interdite depuis le début de l’année, la chasse au caribou représentait 35 % du chiffre d’affaires d’Air Saguenay qui, en plus d’assurer le transport, possède elle-même trois pourvoiries dans le Nord-du-Québec.

À la Fédération des pourvoiries du Québec, on souligne que si Air Saguenay devait disparaître, l’accès au Nord serait menacé, en plus de causer des maux de tête aux pourvoiries du Sud.

« Personne ne pourrait les remplacer à court terme », dit le secrétaire général de la FPQ, Dominic Dugré.

Plan de transition

Pourtant, le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs annonçait en janvier dernier un plan de transition de 16 millions $ sur cinq ans pour aider les entreprises touchées par la fin de la chasse au caribou.

Le plan prévoyait notamment de financer le démantèlement des quelque 200 camps de chasse dans le Grand Nord.

La « transition est en marche », s’était d’ailleurs félicité le ministre Luc Blanchette, soulignant que l’aide « permettra de continuer à générer des activités et de la richesse dans le Nord québécois ».

Luc Blanchette, <i>ministre</i>
Photo d'archives, Simon Clark
Luc Blanchette, ministre

Pour Air Saguenay, cela signifiait des revenus de transport estimés entre 700 000 $ et 1 million $ annuellement.

« Ça nous aurait permis de nous restructurer, dit Jean Tremblay. Là, on n’a pas le temps. »

Un été de perdu

C’est que les sommes promises sont demeurées bloquées tout l’été parce que les travaux du comité directeur, responsable de la transition, ont débuté seulement à la mi-juin.

« On a perdu deux mois, dit Jean Tremblay. Il y a une fenêtre pour faire du démantèlement du 1er juillet au 25 septembre. Après ça, dans le Nord, les journées commencent à être trop courtes. »

Puis, fin août, la communauté autochtone naskapie, dans le Nord-du-Québec, a annoncé qu’elle ne prendrait pas position sur le plan de transition avant la tenue des récentes élections dans sa communauté, repoussant à nouveau le début des travaux.

Devant l’impasse, Air Saguenay a demandé au gouvernement de devancer les versements prévus dans le plan de transition.

« Le gouvernement n’a jamais voulu nous avancer des sommes, déplore Jean Tremblay. Je ne demande même pas de subventions, je demande de pouvoir travailler. »

Invité à commenter, le cabinet de Luc Blanchette a affirmé que le ministre « laisse le soin au comité directeur de poursuivre son travail ».

 

La fin de la chasse au caribou

  • Québec a interdit, en 2018, la chasse au caribou pour le troupeau de la rivière aux Feuilles, en raison d’un déclin de la population.
  • Déjà, en 2011, la chasse sportive du troupeau de la rivière George a été interdite en raison du déclin très important de l’espèce.
  • Le 30 janvier dernier, Québec a annoncé un plan de transition de 16 M$ pour venir en aide aux pourvoiries touchées.