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Legault pourrait couper 40 % de l’immigration économique

Le chef caquiste François Legault a rencontré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, vendredi.
Photo Charles Lecavalier Le chef caquiste François Legault a rencontré la mairesse de Montréal, Valérie Plante, vendredi.

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MONTRÉAL | François Legault reconnaît que si Ottawa n’accède pas à ses demandes, un gouvernement de la CAQ pourrait réduire de 40 % l’immigration économique au Québec.

«Ça pourrait être ça», a reconnu le chef caquiste vendredi lors d’un point de presse à Montréal en marge d’une annonce d'une promesse d’investissements importants dans l’est de l’île.

La Coalition promet de réduire les seuils d’immigration de près de 52 000 à 40 000 dès 2019 si elle prend le pouvoir. M. Legault espère réduire les seuils de façon proportionnelle dans les trois catégories de nouveaux arrivants. L’immigration économique, la reconstitution familiale et les réfugiés. Or le Québec ne contrôle que les plus ou moins 31 000 immigrants économiques qui s’installent au Québec chaque année.

«Effectivement, si on y va légalement, le Québec a compétence sur l’immigration économique. Mais il faut parler de politique. Une grande majorité de Québécois souhaite qu’on réduise le nombre d’immigrants temporairement pour être plus exigeants», a-t-il dit.

Il affirme toutefois qu’en cas de non d’Ottawa, il mettra sa promesse à exécution coûte que coûte en sabrant uniquement dans la catégorie économique, que le Québec contrôle.

Trudeau n'aura pas le choix

M. Legault martèle toutefois que Justin Trudeau «n’aura pas le choix» d’accéder à ses demandes puisqu’elles sont soutenues par une majorité de Québécois et que les libéraux fédéraux s’en vont en élections dans un an.

«Une des premières demandes que je vais faire, c’est rapatrier le 21 % de réunification familiale pour qu’à l‘avenir elles soient choisies aux conditions du Québec par le Québec», a-t-il dit.

Le thème de l’immigration a refait surface depuis plusieurs jours. François Legault a fait les frais d’attaques virulentes du chef libéral Philippe Couillard, qui l’accuse par exemple de vouloir «briser des familles». Le chef péquiste Jean-François Lisée estime qu’il fait de la «numérologie» en fixant une cible temporaire de 40 000 immigrants.

Connus depuis longtemps

M. Legault s’étonne de cette situation. Il estime que son test de français, son examen des valeurs québécoises et sa proposition de diminuer le nombre d’immigrants sont connus depuis longtemps. «Il semble que M. Couillard a découvert notre politique et nos propositions», a-t-il dit.

Il rétorque aussi à Jean-François Lisée, qui propose plutôt de laisser à la vérificatrice générale le soin de choisir le nombre d’immigrants requis au Québec : il s’agit essentiellement d’une «décision politique», a-t-il dit.

Même s’il craint que l’immigration non francophone mette en péril la langue française, il maintient aussi qu’il veut donner plus de «points» aux immigrants qui ne parlent pas français, mais qui peuvent plus facilement s’arrimer au marché du travail. «On va pouvoir emmener plus rapidement des ingénieurs, des gens qui ont des postes spécialisés, à qui on va offrir des cours de français gratuits. Ils auront 3 ans pour l’apprendre», a-t-il dit.