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Charlotte devient artiste peintre accomplie

Michel Langlois
Photo courtoisie Michel Langlois

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Avant-dernier tome de la série à succès Le temps de le dire, La force du destin raconte un autre pan de l’histoire de la famille Courchesne, grâce à l’imagination et au talent de conteur de Michel Langlois. Charlotte, la fille de Guillaume, ne ménage aucun effort pour devenir artiste peintre. Le roman est donc aux couleurs de l’art du début du 20e siècle.

En 1914, la vie se poursuit chez les Courchesne, disséminés un peu partout au Québec et aux États-Unis. Parmi eux, Guillaume et Judith, un couple aisé, voyagent entre Sault-au-Récollet et leur maison d’été d’Old Pine à Drummondville. Judith s’implique dans le milieu artistique et Guillaume prépare une exposition de voitures anciennes.

Charlotte, à 19 ans, découvre que la route des rêves est souvent semée d’embûches. Elle veut devenir artiste – un milieu encore dominé par les hommes, où les femmes peinent à être reconnues. Elle ne lâche pas pour autant, poursuit son apprentissage et voyage entre Montréal, Baie-Saint-Paul et Paris.

<i>Le temps de le dire, tome 4: La force du destin</i></br>
Michel Langlois</br>
Éditions Hurtubise, 352 pages
Photo courtoisie
Le temps de le dire, tome 4: La force du destin
Michel Langlois
Éditions Hurtubise, 352 pages

Journal intime

Michel Langlois emprunte en partie la forme du journal intime à l’intérieur du roman, qui se déroule dans le milieu des arts. « La première partie du roman raconte les premiers pas de Charlotte dans le monde artistique. À cette période, les peintres féminins étaient considérés comme très secondaires. Elle va se battre pour se faire reconnaître et va faire des toiles qui rappellent les différentes coutumes qui sont en train de disparaître de son époque », explique-t-il en entrevue. Elle immortalise donc les ponts couverts, la drave, les goélettes de Charlevoix et le séchage de la morue en Gaspésie.

À Paris

L’auteur a fait beaucoup de recherches, d’autant que dans la troisième partie de ce tome, Charlotte ira étudier à Paris. « À cette époque, beaucoup de peintres québécois allaient à Paris. À cette époque, il commence à y avoir des subventions pour les femmes et elle se bat pour en avoir une. Elle ne l’obtient pas, mais son père lui paie un séjour à Paris. »

Le Charlevoix d’il y a 100 ans est très bien dépeint. « Charlotte se fait des amis – dans son journal, elle raconte tout ça. Je trouvais que c’était une autre façon de présenter Charlevoix et ce qui s’y passait à l’époque. Je lui fais rencontrer des peintres et des poètes connus. Ça nous permet de savoir comment ils ont vécu. »

Marraine de guerre

Charlotte tombera sur quelques drôles de numéros, côté cœur, et deviendra une « marraine de guerre ». « Elle écrit à un jeune soldat qu’elle a connu, qui est en France. Par ce biais, je voulais faire savoir aux gens qu’ici, au Québec, il y a beaucoup de jeunes femmes qui ont eu leur correspondant-soldat pendant la Première Guerre mondiale. »

Michel Langlois s’est beaucoup intéressé à la vie des gens de Drummondville au début du 20e siècle. « Je trouve que la ville de Drummondville a été très importante dans l’histoire du Québec et ce n’est pas connu. Les Anglais voulaient en faire la métropole anglaise du Bas-Canada – ce n’était pas n’importe quoi ! Ils voulaient en faire un milieu anglais qui s’étendrait au reste de la province. Ils ont manqué leur coup, mais c’était réellement leur but. »

Le tome 5 sortira le 31 octobre. On en verra des belles. « À la fin du quatrième tome, Charlotte se marie... mais ce ne sera pas un succès ! » ajoute-t-il avec un petit rire.


  • Michel Langlois a fait carrière aux Archives nationales du Québec avant de se lancer dans l’écriture de sagas historiques.
  • Sa première saga, La force de vivre, a séduit plus de 100 000 lecteurs.
  • Le 5e tome sortira cet automne.
  • La série Le temps de le dire sera bientôt offerte en version audio.