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Richard Séguin propose un «blockbuster» musical

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Malgré la rentrée, la saison estivale n’est pas terminée et l’illustre Richard Séguin nous le rappelle avec Retour à Walden, son interprétation de ce que pourrait bien être un « blockbuster » musical québécois.

Richard Séguin - Retour à Walden — Sur les pas de Thoreau

★★★★ ½

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Tout comme les films The Avengers, par exemple, Retour à Walden s’inspire non pas de comic books, mais bien de l’œuvre et de la vie du philosophe abolitionniste Henry David Thoreau. Plutôt que de recruter les Thor et les Black Widow de ce monde, le chantre s’entoure de Jorane, d’Élage Diouf ainsi que de l’acteur Normand D’amour pour incarner différentes figures historiques dans ce qui pourrait également être un opéra folk.

D’hier à aujourd’hui

Bref, Retour à Walden est un album-fleuve (19 pièces !) en plus d’être un projet diablement ambitieux. Encore plus surprenant : le LP s’avère incroyablement « moderne » et accessible.

Moderne autant sur le plan du son – c’est très folk rock vaporeux au goût du jour sans toutefois être racoleur –, que des thématiques. Après tout, les propos de Thoreau – dénonçant les inégalités et encourageant la désobéissance civile – demeurent diablement d’actualité lorsqu’on considère le climat nord-américain, voire mondial, du moment.

Aussi à souligner : la richesse du livret qui accompagne cette œuvre qui, malgré quelques rares écueils (disons que Promenade sur le chemin de Walden, par exemple, n’est pas essentielle), va sûrement se glisser sur bon nombre de palmarès des meilleurs disques de l’année.

Eminem - Kamikaze

★ ½

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« Album-surprise » ou œuvre dont personne ne voulait ?

Eminem vient de faire paraître un LP sans fanfare ni trompette pour – essentiellement – s’en prendre aux critiques ayant descendu le soporifique Revival (2017), ainsi qu’à la nouvelle génération de rappeurs. Outre la prémisse très égoïste et hargneuse, ce LP s’avère plutôt mou, côté rythmiques. Pire encore, Eminem plombe ses rimes en glissant, encore une fois, dans des insultes homophobes. Bref, Kamikaze est un titre très approprié. Pour les fans seulement, donc.

Klaus - Klaus

★★★ ½

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Ce projet rock local propose son œuvre séminale, mais Klaus n’est pas un groupe qui en est à son premier rodéo. En effet, le trio rassemble des musiciens de Karkwa, de Galaxie et de Patrick Watson qui semblent ici se défouler solide. Exit donc, la pop éthérée ou encore le rock ciselé. Sans faire un 180 degrés, les membres de Klaus expérimentent tout de même avec l’afrobeat ainsi que le krautrock. En résulte un LP aussi intéressant que hérétogène. Il faut multiplier les écoutes pour véritablement l’apprécier. Courage !

Dear Criminals - Lullaby

★★★★

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Le collectif montréalais livre ici un LP parfaitement à l’image de son titre : sensible, minimaliste et sentimental. Suite logique de Fatale, leur album paru l’année dernière, Lullaby est un autre bel exercice de retenue. Sans nécessairement verser dans le trip hop à fond la caisse, cette nouvelle offrande plaira tout de même aux nostalgiques de Portishead. Bien que les fans demeurent en terrain connu, Dear Criminals épate. Tout est dans l’exécution.

Coup de coeur


Rainbowdragoneyes - The Messenger

★★★

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Nouvelle « success story » locale, The Messenger est un jeu vidéo de Sabotage Studio, une entreprise de Québec, qui n’en finit plus de récolter des notes parfaites ou presque. Pour sa plus récente production, la boîte a recruté l’artiste chiptune américain Rainbowdragoneyes pour signer sa trame sonore et le résultat est percutant. Même sans la référence – ce fameux jeu « rétro » – la compilation de pièces demeure pertinente, et surtout entraînante (surtout la version 8 bits).