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Valsartan: des médicaments potentiellement cancérigènes en circulation pendant trois ans

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Des médicaments contre l’hypertension, potentiellement cancérigènes, sont demeurés en circulation pendant environ trois ans au Canada, a révélé Santé Canada lundi, deux mois après leur retrait du marché.

En juillet dernier, le fédéral avait annoncé le retrait de comprimés de valsartan de différentes marques en raison d’une contamination à la N-nitrosodiméthylamine (NDMA), une substance potentiellement cancérigène. Ce rappel avait ensuite été élargi en août.

Cette contamination des comprimés par la NDMA aurait débuté en 2012 lorsque le producteur du produit, l’entreprise chinoise Zhejiang Huahai Pharmaceuticals, a modifié son procédé de fabrication. Cependant, les comprimés contaminés n’auraient pas été en circulation pendant plus de trois ans au pays, estime Santé Canada.

La NDMA est une molécule présente naturellement dans certains aliments, comme les viandes, les produits laitiers et les légumes, ainsi que dans l’eau potable. Elle ne pose cependant pas de danger lorsqu’elle est ingérée à de très faibles concentrations.

En moyenne, les comprimés contaminés contenaient 60 parties par million (ppm) de NDMA. Santé Canada estime que le risque de développer un cancer est de 1 cas supplémentaire par 11 600 personnes, en prenant le cas d’une personne ayant consommé la dose maximale de 320 mg de valsartan pendant les trois années de contamination potentielle.

En revanche, quelqu’un qui n’aurait pris que 40 mg de valsartan pendant ces trois années s’expose à un risque moindre de développer un cancer, soit un cas supplémentaire par 93 400 personnes.

«Il est important de garder à l’esprit que le risque réel pour la santé varie d’une personne à l’autre et dépend de facteurs comme la dose quotidienne, la durée de la prise du valsartan touché et le niveau réel de NDMA présent dans le produit fini», a précisé Santé Canada.

L’organisme fédéral avait précédemment invité les patients qui prennent du valsartan à contacter leur pharmacien ou leur médecin. Advenant qu’il ne soit pas possible pour eux de changer de médicament dans l’immédiat, Santé Canada les encourageait à continuer à prendre leur médicament, en attendant de trouver un substitut, en faisant valoir qu’il serait plus dommageable de cesser de réguler leur pression.

Estimation du risque de développer un cancer en ayant consommé du valsartan contaminé par 60 ppm de NDMA pendant trois ans.

♦ Dose de 40 mg/jour: 1 cas supplémentaire pour 93 400 personnes

♦ Dose de 80 mg/jour: 1 cas supplémentaire pour 46 700 personnes

♦ Dose de 160 mg/jour: 1 cas supplémentaire pour 23 300 personnes

♦ Dose de 320 mg/jour: 1 cas supplémentaire pour 11 600 personnes