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Cowboys Fringants et OSM: un mariage surprenant, mais solide et heureux

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Il n'aura fallu qu'une chanson à Karl Tremblay et au chef Simon Leclerc pour prouver que l'audacieuse union entre Les Cowboys Fringants et les musiciens de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM) était vouée au succès, mardi soir.

Qui plus est, ce n'est pas la pièce la plus connue du répertoire du groupe qui a lancé le premier des quatre rendez-vous consécutifs prévus à la Maison symphonique de Montréal. Mais «Droit devant», sobrement appuyée par l'ensemble des 75 musiciens, a efficacement planté la base de ce qui a été une rencontre riche en sonorités, comme lorsqu'il a été question de «forêt agitée» et que les violons ont eu des soubresauts judicieusement ressentis.

Avec sa carte blanche au niveau des arrangements, le chef Simon Leclerc n'a pas restreint la fougue des Cowboys Fringants, pas plus qu'il n'a éteint leur énergie; il les a plutôt canalisées et superbement redistribuées. À tel point que les univers de la formation et de l'orchestre se sont naturellement imbriqués l'un dans l'autre.

Ainsi, la chanson «Les vers de terre» a pris des allures d'une course contre la montre» et «La reine» – qui se prêtait assurément bien à cet exercice – a joui d'une section des cuivres sentie, en plus de notes légères de xylophone.

En contrôle

À cela, il faut ajouter que le leader Karl Tremblay, vêtu d'un smoking et tout habillé de noir, a rapidement imposé sa présence par la force de ses mots et de ses propos toujours d'actualité, à l'instar de ceux de «8 secondes» qui a marqué l'arrivée de la violoniste Marie-Annick Lépine.

Portée par ce qu'on pourrait qualifier de fanfare éphémère, ses textes de «La tête haute», une chanson que le groupe n'avait pas jouée devant public «depuis longtemps», n'ont ensuite été que plus percutants.

Convaincu que les gens allaient être dépaysés par la proposition, il a sous-estimé à quel point la collaboration orchestrale et symphonique a été naturelle, comme lorsque la foule s'est approprié des paroles de l'incontournable «Toune d'automne». Les Cowboys Fringants n'ont pas laissé passer la chance de mettre une fois de plus leur drapeau «En berne», un de leurs hymnes les plus rassembleurs, en pleine campagne électorale.

Humour et baryton

Au retour de l'entracte, une autre surprise attendait les spectateurs: la voix du baryton Martin Dominic Côté qui s'est amusé à revisiter «Une autre journée» alors que se déroulait une manifestation d'art clownesque.

Le ton était alors donné pour une deuxième partie toujours aussi accessible et livrée avec panache, mais plus décontractée. À preuve, on a eu droit à un solo de blocs de bois au début de l'indémodable «La manifestation».

Les Cowboys Fringants et l'OSM remettent ça de mercredi à vendredi, toujours à la Maison symphonique.