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Découverte de super patates plus nutritives

Elles pourraient devenir des outils pour lutter contre la faim

pomme de terre
Photo courtoisie Un paysan colombien cultive des pommes de terre plus nutritives pour la production de semences.

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Des chercheurs montréalais et colombiens ont découvert trois super pommes de terre capables de lutter contre la faim et la malnutrition.

« Ce sont des pommes de terre plus nutritives que les autres, une véritable innovation », se réjouit Hugo Melgar-Quiñonez, directeur de l’Institut pour la sécurité alimentaire globale, à l’Université McGill.

Plus riches en fer, en zinc, en fibre, en protéines et en polyphénol, plus résistantes à la sécheresse et aux maladies, ces trois pommes de terre à chair jaune n’ont pourtant rien de produits de laboratoire.

Depuis des millénaires

Les pommes de terre Dorada, Ocarina et Sua Pa poussent depuis des millénaires dans la cordillère des Andes, les montagnes sud-américaines d’où le tubercule est originaire.

Pour les trouver, l’équipe du Dr Melgar-Quiñonez s’est jointe à des scientifiques de l’Université nationale de Colombie dirigés par la Dre Teresa Mosquera Vasquez.

Hugo Melgar-Quiñonez, Chercheur
Photo courtoisie
Hugo Melgar-Quiñonez, Chercheur

Tous travaillent main dans la main avec les Premières nations andines, et avec le soutien financier du Centre de recherches pour le développement international, basé à Ottawa. Les autochtones andins cultivent plus de 3000 variétés de pommes de terre, mais la plupart sont inconnues des grands producteurs et ne parviennent donc jamais sur les étals des épiceries.

« En alimentation, il y a des tonnes d’innovations qui fonctionnent très bien en laboratoire ou à petite échelle, mais qui n’atteignent jamais la grande distribution », explique le Dr Melgar-Quiñonez.

À peine plus de deux ans après le début du projet de recherche, l’engouement pour les trois super patates est tel que ces variétés occupaient déjà en mars 16 % des terres dédiées à la culture de la pomme de terre à chair jaune en Colombie.

Avec les paysans

Pour parvenir à un tel résultat, après avoir isolé les trois variétés de super pommes de terre, les scientifiques ont aidé les paysans à se lancer dans la production de semences certifiées qu’ils vendent maintenant aux producteurs nationaux.

« Notre préoccupation était que les petits paysans tirent des bénéfices de la recherche », indique le chercheur. En sécurité alimentaire, ça ne sert à rien de connaître toutes les molécules de la pomme de terre si on ne tient pas compte de la pauvreté et si on ne s’y attaque pas. »

C’est pourquoi le Dr Melgar-Quiñonez estime que l’exportation des semences de super patates dans d’autres régions du globe n’est pas une solution pour lutter contre la faim.

Selon lui, ce combat se gagnera en créant des cercles vertueux de production autour de produits locaux qui font partie de la culture des populations vulnérables.

« Il faut cesser de vouloir exporter des recettes », insiste l’expert, qui collabore avec l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).


11% de la population mondiale souffre de la faim, d’après la FAO.