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Le corps de sa voisine retrouvé dans son casier

Lévis Landry lors de sa comparution en mai 2016. Il avait alors été invectivé par des gens qui scandaient: «Elle est où Sindy?».
photo Courtoisie Lévis Landry lors de sa comparution en mai 2016. Il avait alors été invectivé par des gens qui scandaient: «Elle est où Sindy?».

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VAL-D’OR | Un homme de 57 ans a plaidé coupable d’homicide involontaire relativement à la mort de sa voisine de 36 ans avec qui il consommait régulièrement de la drogue.

Lévis Landry a plaidé coupable pour la mort de Marie-Ève Charron, survenue à Val-d’Or en mai 2016. Des amis de la femme s’étaient inquiétés alors qu’ils ne l’avaient pas vue au restaurant comme c’était son habitude. Après quelques jours, le corps de Mme Charron avait été retrouvé dans un casier appartenant à M. Landry.

Selon le récit fait mardi par la procureure de la Couronne, Véronic Picard, Mme Charron aurait été violemment battue au niveau du tronc. Elle avait également des blessures au visage et aux bras et avait une fracture au niveau du cou. Il n’est pas exclu qu’elle ait été étranglée.

Crise autochtone

Lévis Landry est bien connu à Val-d’Or. Il était le conjoint de Sindy Ruperthouse, une femme portée disparue en avril 2014. Elle n’a jamais été retrouvée. La dernière fois qu’elle a été vue, elle s’était présentée à l’urgence de Val-d’Or avec trois côtes cassées.

M. Landry n’a jamais été accusé relativement à cette disparition. En entrevue avec Le Journal en décembre 2015, il avait déclaré: «Ça devait bien aller avec Sindy». Il avait aussi admis avoir refusé, comme c’est son droit, à trois reprises de passer le détecteur de mensonges.

La disparition de Sindy Ruperthouse est à l’origine de la crise qui a secoué Val-d’Or en octobre 2015 alors que sa famille avait déclaré à Radio-Canada que les policiers ne faisaient pas le nécessaire pour la retrouver en raison de son origine autochtone. D’autres femmes autochtones avaient par la suite allégué avoir été agressées par des policiers. Une grande crise de confiance entre les policiers de Val-d’Or et les Autochtones s’en était suivie.

Après une enquête du Service de police de la Ville de Montréal, la Direction des poursuites criminelles et pénales avait jugé que les preuves étaient insuffisantes. Aucun policier n’a été accusé. Les policiers de Val-d’Or ont depuis déposé une poursuite de 3,4 millions $ contre Radio-Canada et la journaliste Josée Dupuis. Radio-Canada a tenté à deux reprises sans succès de convaincre un juge que la poursuite était abusive et qu’elle visait à faire taire les sources.

16 ans et demi

Le procès de M. Landry, qui était d’abord accusé de meurtre au deuxième degré pour la mort de Mme Charron, s’était amorcé lundi matin et était prévu pour deux à trois semaines. Or, M. Landry a plaidé coupable à une accusation réduite d’homicide involontaire après une seule journée de procès. La Couronne et la défense ont fait savoir mardi matin qu’ils allaient suggérer une peine de 16 ans et demi de prison. La sentence devrait être entérinée mardi après-midi par le juge Richard Grenier.