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Une région se mobilise pour faire échec au décrochage scolaire

C’est dans les Laurentides où le taux de diplomation a le plus augmenté depuis 10 ans

GEN-Groupe de jeunes � un camp de jour
Photo Agence QMI, Mario Beauregard Au camp de jour de la municipalité de Piedmont, dans les Laurentides, des moniteurs ont été formés pour organiser des activités de lecture avec les jeunes de leur groupe.

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Que peuvent faire des municipalités, des organismes communautaires, des entreprises ou des intervenants du réseau de la santé pour appuyer le réseau scolaire et améliorer la réussite des jeunes ? Voici quelques exemples de projets réalisés dans la région des Laurentides, où la progression du taux de diplomation a été la plus importante depuis 10 ans au Québec, passant de 63 % à 78 %.

De la lecture au camp de jour

Pour que les enfants ne perdent pas leurs bonnes habitudes de lecture acquises pendant l’année scolaire, des municipalités et organismes multiplient les initiatives pour que les livres occupent une plus grande place dans les camps de jour. Dans la MRC des Pays-d’en-Haut (Sainte-Adèle et les environs), des moniteurs de camps d’été ont été formés dans huit villes et municipalités afin qu’ils animent quotidiennement des activités de lecture auprès des enfants. Dans la MRC d’Argenteuil (Lachute et les environs), c’est plutôt une « escouade lecture » formée de jeunes de 12 à 17 ans qui se déplace dans les camps de jours municipaux pour animer des activités en lecture auprès des jeunes. « On veut éviter ce que les experts appellent la glissade de l’été », explique Annie Grand-Mourcel, directrice du PREL qui regroupe les Partenaires pour la réussite éducative dans les Laurentides. Des recherches ont démontré que les deux mois de vacances estivales peuvent nuire aux élèves, en particulier à ceux qui sont en difficulté, qui sont souvent moins stimulés pendant les vacances.

Des entreprises s’engagent

En 2013, une nouvelle certification destinée aux entreprises a vu le jour dans les Laurentides, afin de mettre de l’avant l’importance de la conciliation études-travail. Depuis, des dizaines d’employeurs se sont engagés à offrir aux étudiants qu’ils embauchent des conditions qui leur permettent aussi de réussir dans leurs études. Travailler un maximum de 20 heures par semaine et ajuster les horaires de travail en fonction des demandes des étudiants lors des périodes d’examens en font notamment partie. Pour encourager leurs employés-étudiants à obtenir leur diplôme, certains employeurs offrent même des bourses d’études.

Des joueurs de hockey à l’étude

Pour contrer le taux de décrochage « vraiment catastrophique » chez les garçons, un organisme qui a pour but de mobiliser les acteurs locaux autour de la réussite des jeunes s’est trouvé tout un allié : l’équipe de l’Armada Blainville-Boisbriand, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Ses dirigeants ont recruté un conseiller pédagogique qui épaule les joueurs qui peuvent dorénavant faire leurs travaux scolaires dans une salle d’étude située à même l’aréna où ils s’entraînent. Les joueurs font maintenant des conférences avec les responsables du PREL (Partenaires pour la réussite éducative dans les Laurentides) dans les écoles secondaires. « Ce sont des garçons qui parlent à d’autres garçons de réussite scolaire », illustre Annie Grand-Mourcel, directrice générale du PREL. Une tournée des centres sportifs a aussi été réalisée afin de sensibiliser les entraîneurs à l’importance de la conciliation études-entraînement. « C’est important de rappeler aux entraîneurs, qui sont des acteurs significatifs dans la vie d’un enfant, qu’ils peuvent faire une différence s’ils s’intéressent à leur parcours scolaire », souligne Mme Grand-Mourcel.

Des mentors à l’école secondaire

Plusieurs écoles secondaires des Laurentides peuvent compter sur un programme de mentorat hors du commun, soutenu par des bénévoles issus de la communauté. Au cours de la dernière année, 45 bénévoles âgés de 18 à 75 ans ont épaulé près de 70 adolescents qui éprouvaient des difficultés personnelles ou scolaires. « On n’a pas de lien d’autorité, on est là pour développer un lien de confiance. Ce qu’un jeune raconte à son mentor reste confidentiel », explique Gilles Trudel, un enseignant retraité à l’origine de ce projet, responsable du jumelage entre élève et mentor. Les jeunes sont référés par le milieu scolaire et les mentors sont sélectionnés par une psychologue scolaire avant de suivre une formation sur l’écoute active. De plus en plus, de jeunes hommes d’une vingtaine d’années, qui ont eux-mêmes été suivis par un mentor lorsqu’ils étaient adolescents, se portent volontaires pour aider d’autres jeunes en difficulté, indique M. Trudel, qui se réjouit des résultats obtenus. « J’ai eu des jeunes qui m’ont dit que ça les avait sauvés », lance-t-il.