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[VIDÉO] Vivre après le suicide de son fils de 20 ans

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Martine Brault a encore des étoiles dans les yeux lorsqu'elle parle de son fils. Patrick s’est enlevé la vie le 6 septembre 2017. Il avait 20 ans. Sa mère n'a rien vu venir.

«J'étais comme: “Ah, il est beau, il est intelligent, il est à son affaire, il est studieux”», se remémore Martine Brault.

«J’étais tellement sûre que tout allait bien», ajoute Mme Brault. Mais Patrick était dépressif.

«Il y a deux bonnes copines de Patrick qui m'ont expliqué. Au début, je me disais: “Patrick ne peut pas se suicider.” Puis elles m'ont dit: “Non, non, Patrick, ça faisait vraiment longtemps qu'il était triste.” Il pensait qu'on ne l'aimait pas. Il voyait juste le côté négatif de tout», raconte sa mère à TVA Nouvelles.

Désarçonné par son comportement, l’entourage de Patrick n’a pas sonné l’alarme. «Les gens ne savaient pas quoi faire. Il s'est confié juste à ses amis. Et ses amis, eux, on ne les a jamais outillés comme tel. À savoir c'est quoi, les signes inquiétants? Qu'est-ce que tu dis? Qu'est-ce que tu fais? Est-ce que tu réfères ton ami? S'il dit qu'il ne veut pas aller voir le psychologue, qu'est-ce que tu fais?»

Depuis le décès de son fils, Martine Brault fait de la prévention du suicide son cheval de bataille. Chaque jour, trois personnes s’enlèvent la vie au Québec.

«Je veux que ça cesse. Je me dis qu'au Québec, ça fait 40 ans qu'on a 1100 suicides par année, puis on ne fait rien! C'est comme si j'avais un Dash 8 avec 50 personnes à bord qui s'écrasait sur le Québec toutes les deux semaines depuis 40 ans. Aurait-on attendu autant d'écrasements d'avion avant d'agir? Non. C’est ça qu'on fait avec le suicide.»

Martine Brault avance que les suicidaires pensent parfois que leurs proches seraient mieux sans eux.

«Ce n’est pas vrai! Quand on perd un enfant, notre conjoint, notre meilleur ami, bien, tout le monde est un peu démoli par ça. Je ne souhaite ça à personne. Puis, j'aurais tellement voulu qu'il me parle. Parce que j'aurais tout fait pour l'aider. Il avait juste à demander», se désole la mère de Patrick.

Son fils lui manque cruellement. «Il n'y a pas une journée que je n'y pense pas», conclut Martine Brault.


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