/opinion/columnists
Navigation

Couillard sans sens civique

Coup d'oeil sur cet article

En refusant de critiquer le choix d’Eugenie Bouchard de s’installer dans un paradis fiscal des Bahamas, le premier ministre du Québec encourage les riches à se désolidariser du sort de leurs compatriotes et à empiler leur trésor là où l’État ne se soucie pas d’un juste partage de la richesse.

La caisse des autres

Le comportement d’Eugenie Bouchard est d’autant plus choquant qu’elle a profité du soutien d’un organisme d’État dans son développement professionnel, en l’occurrence Tennis Canada. L’argent du peuple était bien commode dans sa progression vers la notoriété, mais aujourd’hui, elle ne veut plus faire profiter les suivants de la générosité dont elle a été bénéficiaire et refuse de payer des impôts canadiens.

Comble du ridicule, le premier ministre se comporte comme le Candide de Voltaire où tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes en faisant croire que les Québécois sont tellement heureux du rayonnement de l’un des leurs dans le monde qu’ils sont prêts à se faire détrousser sans broncher. Les Québécois seraient donc béatement heureux en continuant d’assumer l’entièreté des coûts des services publics pendant que ces nouveaux riches se pavanent dans les paradis fiscaux.

L’austérité pour les contribuables

L’embarras du premier ministre à réprouver les choix d’Eugenie Bouchard s’explique probablement par son recours à un paradis fiscal lorsqu’il travaillait en Arabie saoudite. Il devenait incongru pour lui de reprocher à l’athlète un comportement adopté par lui-même pour se soustraire aux charges fiscales, d’où l’étalement aujourd’hui d’un sérieux manque de sens civique.

En adoptant cette attitude, monsieur Couillard sème le doute sur ses intentions de faciliter la vie pour tous les Québécois et nous laisse surtout voir ses préoccupations pour les biens nantis. Il ne lui restera plus qu’à créer un nouveau crédit d’impôt pour le rayonnement dans le monde et à saigner un peu plus la classe laborieuse.