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Des géants québécois de la finance s’unissent pour la cybersécurité

Ils estiment que les nouveaux dangers dépassent la concurrence habituelle

cybersécurité
Photo Chantal Poirier « Dans des cas comme ça, il faut s’élever au-dessus de la réalité d’affaires. Il faut se dire qu’on est là pour protéger les Québécois et Québécoises, nos membres et nos clients », a dit le PDG de Desjardins, Guy Cormier (à gauche). On le voit ici avec le PDG de la Banque Nationale, Louis Vachon, hier, lors du lancement de l’organisme CyberEco, dans le centre-ville de Montréal.

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Les patrons de la Banque Nationale et de Desjardins ont promis mercredi, dans une rare sortie commune, de s’attaquer ensemble à la cybercriminalité en créant un organisme destiné à protéger la sécurité nationale du pays.

« Quand on voit des pays s’ingérer dans un processus démocratique, on est clairement rendus dans des enjeux de sécurité nationale », a laissé tomber Louis Vachon, PDG de la Banque Nationale.

M. Vachon a fait cette déclaration en marge de l’annonce d’un nouvel organisme appelé CyberEco qui aura pour mission d’attirer les talents et l’expertise en cybersécurité.

Pour le numéro 1 de la Banque Nationale, ces nouveaux dangers ne touchent plus seulement les banques, mais toute la société, d’où l’urgence de créer avec Deloitte, Groupe RHEA et Desjardins un outil qui va mettre les ressources en commun.

Pour l’occasion, le recteur de l’Université de Montréal, Guy Breton, a aussi annoncé la création d’une Chaire de recherche en prévention de la cybercriminalité, financée à la fois par Desjardins et la Banque Nationale.

Menaces quotidiennes

Mercredi, le PDG de Desjardins, Guy Cormier, a rappelé qu’il injecte des dizaines de millions $ chaque année en cybersécurité pour faire face aux menaces quotidiennes de pirates informatiques.

Comme Louis Vachon, il pense que les dangers liés à la cybercriminalité frappent maintenant non seulement les PME d’ici, mais aussi le cœur de notre système financier.

« Ça peut toucher la sécurité d’un pays, des grandes entreprises et la vie de monsieur et madame Tout-le-monde », a ajouté M. Cormier, après le point de presse.

Au moment où les cybermenaces, les fraudes et les vols d’identité et de données se multiplient, la mise sur un pied d’un outil comme CyberEco était nécessaire, a-t-il insisté.

« Il y a des dangers de cybercriminalité dans plein de sphères : le volet financier, de campagne électorale, de société, de santé, etc. Il faut juste que tout le monde relève sa garde et soit plus innovant », a indiqué le dirigeant de Desjardins qui met 750 000 $ dans le projet.

De son côté, l’associé directeur au Québec chez Deloitte, Marc Perron, a également dit que personne n’était désormais à l’abri d’une cyberattaque.

« C’est très important que nos gouvernements, et aussi nos institutions, prennent le taureau par les cornes et fassent les investissements nécessaires pour qu’on soit capable de se protéger, peu importe le type de cyberattaque », a-t-il affirmé.

Main-d’œuvre

Doté d’une enveloppe de quelques centaines de milliers de dollars, le nouvel organisme sans but lucratif aidera les ténors de la finance à combler leurs besoins de main-d’œuvre spécialisée dans ce domaine.

Au Québec, des milliers de travailleurs sont recherchés dans ce secteur ces prochaines années. En plus de tout faire pour les attirer sous son giron, CyberEco devrait prendre la forme d’une application pour sensibiliser les consommateurs.

Fait rare dans cette industrie ultracompétitive, Desjardins, la Banque Nationale, Deloitte et Groupe RHEA vont non seulement financer le projet ensemble, mais ils s’engagent même à partager les solutions trouvées pour combattre ce fléau qui menace leur organisation.

CYBERSÉCURITÉ

  • Création d’emplois 8000 (Canada) (d’ici 2021)
  • Marché mondial 170 G$ (d’ici 2020) 

DESJARDINS

  • Employés 45 547
  • Actifs 275 G$

BANQUE NATIONALE

  • Employés 21 000
  • Actifs 258 G$