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France : Pourquoi le ministre de l’Écologie démissionne?

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AFP

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Démission de Nicolas Hulot

Ne voulant plus faire le pantin devant l’inertie des gouvernements et de leur aplaventrisme intéressé devant le grand capital, le ministre français de la Transition écologique vient de démissionner avec fracas et de quitter le gouvernement d’Emmanuel Macron. « Je ne veux plus me mentir, je ne veux plus donner l’illusion que ma présence au gouvernement signifie qu’on est à la hauteur sur les enjeux environnementaux. Est-ce que nous avons commencé à réduire nos émissions de gaz à effet de serre? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à réduire notre utilisation des pesticides? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l’érosion de la biodiversité? La réponse est non » qu’il a lucidement et courageusement dit : « Le ministre français de l’Écologie claque la porte » (Le Journal de Montréal, 29 août 2018).

Aie les amis, arrêtez de vous vanter de vivre dans un beau et grand pays démocratique et que vous êtes libres. Un peu de sérieux s.v.p., et un peu moins d’ignorance. Pas seulement au niveau de l’environnement, le 1 % de très riches fixe continuellement l’agenda politique et social à des politiciens affiliés que ce soit en matière fiscale, de programmes sociaux, du marché du travail, de budgets, de supposé libre-échange, d’aide aux entreprises, etc. Une vraie farce. Pour ce qui est de la véritable protection de l’environnement, tout n’est que mascarade. Toujours des énoncés de principes creux et des objectifs vides non contraignants qui ne font qu’empirer les choses. Nos élus font le contraire de ce qu’ils proclament éhontément, ce qui fait que la pollution augmente sans cesse même si on est arrivé à un point de non-retour catastrophique. C’est la même chose pour les paradis fiscaux des cadors qui privent l’État de milliards de dollars chaque année, malgré les paroles teintées d’hypocrisie de nos élus, l’évasion fiscale s’accentue de même que les inégalités économiques.

Pourquoi tant de résignation des gens?

Nicolas Huot a abordé cette question. Il a dit : « Comment peut-on ne pas socialement, collectivement, planétairement se mobiliser pour tout faire, alors que le pire est déjà là? Je ne comprends pas. Dans l’indifférence générale alors que la planète devient une étuve ». Le pape François a tenu des propos semblables dans son merveilleux livre publié en 2015 et intitulé : « Loué sois-tu. Lettre encyclique sur la sauvegarde de la maison commune ». La branche conservatrice de l’Église catholique n’aime pas François, qu’elle trouve trop à gauche, mais moi je l’adore. Alors pourquoi sommes-nous autant amorphes et soumis? C’est comme je l’ai dit, la classe dominante qui détient le pouvoir de par son immense richesse. Elle qui embauche des milliers de lobbyistes, chroniqueurs et d’universitaires; qui détient plusieurs médias d’information; qui se paie de nombreux organismes de recherche et même des organisations humanitaires bidon; qui finance à coups de milliards de dollars les partis politiques dans le monde; qui s’offre des tonnes de publicité et même des articles médiatiques et qui place de nombreux représentants en poste au gouvernement à titre de ministres « vedettes ». Ça fait qu’ils en viennent à intoxiquer les gens, à les « brainwasher », à leur faire peur, à les soumettre quoi. Tellement désinformés, les gens deviennent ignorants des véritables enjeux. Ils votent pour des partis politiques qui, dans les faits, sont au service de l’élite économique et contre eux. On en est rendu à se dire que les inégalités économiques croissantes sont naturelles, que les paradis fiscaux sont immuables, que les riches sont surtaxés tellement que ça s’apparente à du vol et qu’en fin de compte il faut surtout pas s’alarmer et il faut continuer à ronronner, à butiner et à gazouiller, la planète terre pète de santé.

Est-il vrai que la planète agonise?

Oui, il y a de nombreux rapportés de scientifiques et d’organismes gouvernementaux et internationaux qui lancent des signes d’alertes comme ceux-ci que j’ai récemment relevés dans le Journal de Montréal :

- « 2016, année noire pour la Terre »

- « Le changement climatique risque de transformer la planète en sauna »

- « 92 % de la population mondiale respire un air de mauvaise qualité »

- « Nouveau record de concentration de CO2 dans l’atmosphère »

Pour certains, ce ne sont que des « fake news »

Quand Donald Trump, le président de la plus grande puissance économique au monde que sont les États-Unis affirme que le réchauffement climatique n’est qu’une blague et un canular, comme la majorité de ses ministres, dont celui de l’Environnement, qui est un climatosceptique invétéré, ça augure mal. Devant les faits, Donald Trump réplique que ce sont des « fake news ». Stephen Harper était du même moule idéologique que Trump et il en est de même pour le nouveau chef du Parti conservateur canadien Andrew Scheer, du récent premier ministre élu en Ontario, le conservateur Doug Ford, de Maxime Bernier et j’en passe. Des assujettis au patronat.

Des exemples de faire-valoir

Pourquoi La Presse publie-t-elle des torchons d’affairistes qui ne font que nier les faits et banaliser la pollution? Des pamphlets idéologiques souvent rédigés par des universitaires franchisés afin de se donner une certaine carapace scientifique. Tiens, prenons cette perle : « Le capitalisme écologique. Ce n’est pas le militantisme vert qui a permis d’améliorer (cherchez ici l’amélioration) la qualité de notre environnement, mais l’économie de marché » (La Presse, 22 avril 2010). Cette pièce d’absurdité et d’ignorance, c’est de Pierre Desrochers, professeur de géographie à l’Université de Toronto et chercheur à l’Institut économique de Montréal (IEDM).

Tiens, une autre bonne de l’unique (pas si unique que ça Léo, il y en a plein d’autres malheureusement comme lui) Alain Dubuc, vénérable chroniqueur à La Presse, qui, pour lui, plus d’économie mène à plus d’environnement : « Le capitalisme environnemental » (La Presse, 15 avril 2015). Et un autre merveilleux hymne à la croissance économique pondue cette fois par Jean-Yves Duclos, professeur à l’Université Laval et publiée dans La Presse « verte » : « La croissance protège l’environnement ». Ayoye messieurs, allez donc, juste pour voir, répéter vos âneries et vos inepties à Nicolas Hulot qui vient de démissionner du gouvernement Macron? Oubliez surtout pas de m’en donner des nouvelles!

Et pour terminer sur une bonne note, cette vérité découlant des « lois naturelles » du marché larguée par l’IEDM : « Le capitalisme serait écologique » (Journal de Montréal, 22 avril 2003). Donc, si je comprends bien, c’est la nature qui demande toujours plus d’économie. On n’y peut rien, c’est une loi pas promulguée par les humains, mais par la nature elle-même.