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La girouette de l'urne

La girouette de l'urne
Photo d'archives, PIerre-Paul Poulin

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La question de l’urne est un terme qui désigne l’enjeu principal sur lequel un citoyen va voter le jour de l’élection. C’est la question qui fait ou défait un gouvernement.

Au début de la semaine, Philippe Couillard déclarait que cette fameuse question de l’urne porterait sur l’immigration : «La question de l’élection, ce n’est pas d’augmenter (les seuils d’immigration). C’est de porter un jugement sur ceux qui veulent (les) diminuer. C’est ça la question de 2018.»

24 heures plus tard, Couillard se rétracte et  affirme que finalement la question de l’urne n’est pas l’immigration, mais l’économie.

Pourquoi changer d’idée aussi rapidement? L’inconstance du premier ministre s’explique aisément quand on examine son bilan en matière de francisation et d’immigration.

Échec de l’Intégration économique

Le taux de chômage est de 15 % chez les immigrants arrivés au Québec depuis 5 ans ou moins. En comparaison, le taux de chômage pour l’ensemble des Québécois était de 5,6 % en mars 2018.

Absence de rétention

Après 10 ans, près de 26 % des personnes immigrantes admises ont quitté le Québec. Pour les immigrants économiques, c’est 30,1 %.

Régionalisation  ratée

À peine 3,5 % des nouveaux arrivants issus de la catégorie de l’immigration économique choisissent de s’installer en région. Couillard clame pourtant sur toutes les tribunes que l’immigration est une façon de combler la pénurie de main-d’œuvre en régions. Or, le bilan de son gouvernement dans ce domaine est un échec patent.

Francisation inefficace

La vérificatrice générale constate de nombreuses défaillances dans la politique de francisation du gouvernement libéral. Peu d’immigrants déclarant ne pas connaître le français entreprennent une démarche de francisation. Pire : le gouvernement ne fait aucun suivi sur ces immigrants qui ne parlent pas ou n’apprennent pas le français.

Face à un bilan aussi catastrophique, on comprend facilement le premier ministre de vouloir changer d’idée sur la question de l'urne. Cette inconstance et cette opportuniste sont l’exemple parfait de ce qu’on appelle en politique, faire la girouette.