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Le boomerang de Philippe Couillard

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Le premier ministre sortant est nerveux, et ça se voit. En quête constante d’une « poignée » efficace contre la CAQ, Philippe Couillard risque toutefois de se faire plus de tort que de bien.

À l’aube du premier de trois débats des chefs, il retombe dans son habitude la plus mauvaise. Il accuse la CAQ et son chef François Legault d’être fermés à l’immigration. Donc, d’être intolérants et même « antiéconomiques ».

Vertu incarnée

Lundi, M. Couillard en faisait « sa » nouvelle question de l’urne. Hier, il reculait un tantinet en l’élargissant à l’« économie ». Se présentant lui-même comme la vertu incarnée en matière d’ouverture à l’« autre », le chef libéral n’a toujours pas compris qu’il perd des plumes chez les francophones chaque fois qu’il le fait.

Comme un boomerang, cette tactique lui revient invariablement au visage. Sur ce terrain fort délicat, les électeurs ne sont tout simplement pas dupes du portrait alarmiste qu’il trace de ses adversaires. Ça finit par exaspérer de nombreux Québécois qui, sans être xénophobes, voudraient bien pouvoir débattre de ces choses sans être excommuniés d’office par M. Couillard.

Si les libéraux risquent de perdre le pouvoir, cette très mauvaise habitude de Philippe Couillard est loin d’en être le seul facteur. L’austérité, les réformes ratées en santé et l’affaiblissement du réseau d’écoles publiques y sont pour beaucoup.

Inquiétante

Une chose est cependant sûre. À force de crier au loup en présentant ses adversaires comme des xénophobes, Philippe Couillard perd de sa propre crédibilité comme premier ministre du seul État francophone du continent. Une denrée précieuse qu’il s’entête pourtant à dilapider fort maladroitement.

Selon un sondage Léger réalisé pour Le Devoir et The Gazette, les libéraux glissent en effet à nouveau. Chez les francophones, le PLQ plonge à 17 % d’appuis seulement. Pour les troupes libérales, la hauteur de la côte à remonter commence à se faire inquiétante.