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Un sous-ministre des Finances à 314 000 $ comme nouveau DG à la Ville de Québec

Le nouveau directeur général de la Ville de Québec, Luc Monty
Photo courtoisie, Ville de Québec Le nouveau directeur général de la Ville de Québec, Luc Monty

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Le sous-ministre des Finances Luc Monty remplacera André Legault comme directeur général de la Ville de Québec et gagnera 314 000 $ par an, 15 000 $ de plus que son prédécesseur.

La Ville a annoncé mercredi matin, par voie de communiqué, qu’André Legault quitterait ses fonctions pour la retraite, le 22 octobre. M. Legault a été embauché en 2013 et était auparavant président-directeur général de la Commission administrative des régimes de retraite et d’assurances (CARRA). «Malgré son départ, il agira à titre de président du comité directeur du réseau structurant de transport en commun», a souligné la Ville.

M. Legault sera remplacé par Luc Monty, qui était sous-ministre des Finances du Québec depuis 2011.

Le directeur général de la Ville de Québec, André Legault, a annoncé son départ pour la retraite.
Photo courtoisie, Ville de Québec
Le directeur général de la Ville de Québec, André Legault, a annoncé son départ pour la retraite.

Le salaire de M. Monty s’élèvera à 314 140 $ par an, soit plus de 15 000 $ de plus que M. Legault qui, pour sa dernière année d’emploi, a gagné 298 420 $. En comparaison, le maire de Québec a reçu 156 014 $ en salaire de base en 2017. M. Monty est engagé au sommet de l’échelle des cadres qui bénéficient de la clause «maximum mérite». Cette clause s’applique «à l’employé-cadre sans sécurité d’emploi afin de tenir compte de certaines particularités, dont la rareté sur le marché pour certaines fonctions, le haut niveau de spécialisation requis ou encore la performance exceptionnelle fournie sur une base soutenue et continue», selon le recueil des conditions de travail des cadres de la direction générale et des directeurs de service et d’arrondissement de la Ville de Québec.

Cadres «champions»

Quand il a revu les conditions de travail des cadres supérieurs de la Ville, en 2010, le maire Régis Labeaume avait haussé les salaires en contrepartie d’un retrait de la sécurité d’emploi et des bonis. L’échelle mérite avait été instaurée à ce moment et le maire avait justifié cette réforme en affirmant que cela lui permettrait d’aller chercher «des champions».

«Grand serviteur de l’État reconnu pour ses capacités dans la mise en œuvre de politiques économiques et de services publics, pour sa gestion budgétaire et sa capacité à mobiliser les organisations, Luc Monty apportera toute son expérience et ses compétences afin de mener Québec à son plein potentiel», a déclaré le maire, Régis Labeaume.

«Astronomique»


Le chef de l’opposition, Jean-François Gosselin, estime que le salaire du nouveau dg est «astronomique». En campagne électorale, le politicien avait promis de réduire significativement le salaire des hauts cadres. Il maintient que «le poste de dg est beaucoup trop payé. On l’a doublé en 10 ans. Je ne doute pas des compétences de M. Monty. Mais il y a beaucoup de gens compétents à Québec qui pourraient faire le travail pour un moindre salaire.»


M. Gosselin espère aussi «plus de transparence» de la part de la direction générale.


M. Monty détient une maîtrise en sciences économiques. Il a passé la plus grande part de sa carrière au ministère des Finances, où il a été sous-ministre adjoint à la politique budgétaire et à l’économique et sous-ministre adjoint aux politiques économiques et fiscales et aux sociétés d’État.

Le maire salue Legault

Le maire a remercié André Legault pour ses années de service. «Je remercie M. Legault pour son leadership et sa grande contribution à la transformation de la Ville en une organisation municipale performante et agile, pour son expertise et sa rigueur en gestion financière et plus particulièrement son travail exemplaire dans la transformation des régimes de retraite municipaux.»

Le maire a souligné que M. Legault a piloté la réorganisation des arrondissements et a contribué «aux gains réalisés par la Ville dans les projets de loi 109 (statut de capitale nationale) et 122 (autonomie et pouvoirs des municipalités)».

Rousseau critique

Le conseiller de Démocratie Québec, Jean Rousseau, a indiqué que le défi du nouveau DG sera de distancier l’administration de la Ville du pouvoir politique. «Mais j’y crois très peu. L’Équipe Labeaume a détourné une partie de la fonction publique pour la réalisation de ses propres projets et on le voit, la fonction publique est au service du cabinet.»

Il reconnaît que le nouveau venu «a fait ses armes dans le contexte de redressement budgétaire du Québec», mais il espère qu’il ne s’amène pas à Québec pour poursuivre les coupes et les compressions. «On a atteint la limite des coupes. On a des services de base à offrir.»