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Débat des chefs: le ton monte sur l’immigration

Débat des chefs: le ton monte sur l’immigration
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Le thème était dans l'air depuis plusieurs jours déjà et le premier débat électoral a donné lieu à un vif affrontement entre les chefs politiques sur l’immigration et l’intégration des nouveaux arrivants.

Sans surprise, le meneur François Legault a subi une bonne partie des tirs croisés de ses rivaux au cours de cette joute oratoire de plus de deux heures. Si les échanges ont été relativement cordiaux, le ton a monté entre le premier ministre sortant Philippe Couillard et le chef caquiste lorsque les questions identitaires ont été abordées, et M. Legault a dû défendre son test des valeurs et l’examen de français qu’il entend imposer aux nouveaux arrivants.

Débat des chefs: le ton monte sur l’immigration
La Presse canadienne

«C’est un test de base, quelqu’un qui a suivi les cours ne devrait avoir aucun problème. Quand vous dites “expulsion”, on ne parle pas d’expulser des citoyens, on parle d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens», a tenu à préciser M. Legault, qui n'avait jamais voulu, auparavant, parler d'«expulsion».

Philippe Couillard a accusé son adversaire de «faire peur» au monde avec ses mesures d’intégration et sa volonté de diminuer le nombre d’immigrants que le Québec accueille chaque année.

Débat des chefs: le ton monte sur l’immigration
La Presse canadienne

«Les Québécois sont tannés du donneur de leçon», a répliqué le chef caquiste, ulcéré qu’un candidat libéral ait reproché à la CAQ de vouloir faire un «nettoyage» de l’immigration. «Excusez-vous!» a renchéri François Legault. 

Couillard défend le bilan libéral

En santé et en éducation, c’est le premier ministre sortant Philippe Couillard qui a été la cible de choix. Il a été talonné sur les salaires faramineux des médecins spécialistes et le difficile accès aux médecins de famille.

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La Presse canadienne

Jean-François Lisée a accusé le chef libéral d’avoir manqué cruellement d’humanité au cours des quatre dernières années en laissant des citoyens vulnérables dans le besoin. «Vous n’avez jamais montré la moindre compassion!» a lancé le chef péquiste.

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La Presse canadienne

Le réalisme des promesses du meneur caquiste a aussi été remis en question par les autres jouteurs. François Legault propose de modifier le mode de rémunération des médecins en mettant l’accent sur la prise en charge de patients et de créer des maternelles 4 ans à la grandeur du Québec.

Éducation

Philippe Couillard a également dû défendre le bilan libéral en éducation. «Vous avez coupé dans l'aide aux enfants qui sont les plus vulnérables, je ne vous le pardonnerai jamais, ça ne se fait pas», a déploré M. Legault.

Salaire minimum

Durant le débat, Manon Massé a servi tout un croc-en-jambe au chef caquiste, qui estime qu’une hausse du salaire minimum n’est pas la bonne solution pour améliorer le sort des Québécois.

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La Presse canadienne

«Dans quel monde vous vivez? Il y a un million de personnes qui vivent au salaire minimum, au Québec! a lancé la solidaire, qui propose une hausse du salaire minimum à 15 $ l'heure. Des personnes qui travaillent au salaire minimum, j’en connais une tonne, ce n’est pas viable!»

Voici quelques citations marquantes du débat

Santé

«Vous n’avez jamais montré la moindre compassion [...] Au moment où la protectrice vous disait ça [qu'une dame a dû dormir dans son fauteuil roulant par manque de soins], vous aviez 2 milliards.»

– Jean-François Lisée 

«Vous n’avez pas le monopole de la compassion.»

– Philippe Couillard

«Non, j’aimerais ça, partager la compassion avec vous, je n’ai pas le monopole, mais vous avez démontré que vous aviez un grand déficit de compassion.»

– Jean-François Lisée


«Quand M. Couillard est arrivé, rappelez-vous, il y a 15 ans, en 2003, Jean Charest présentait M. Couillard comme étant celui qui était pour mettre fin à l’attente. Or, aujourd’hui, il y a 59 % des Québécois qui ne sont pas capables de voir un médecin de famille la journée même ou le lendemain. Ça, c’est inacceptable. Comment, M. Couillard, vous pouvez être fier de ce bilan-là? Vous avez été cinq ans ministre de la Santé, quatre ans premier ministre.»

– François Legault

«Moi, ce dont je me souviens très bien, M. Legault, à mon arrivée, c’est des malades qui avaient le cancer, qui avaient besoin de radiothérapie, que votre gouvernement de l’époque a envoyés à Plattsburgh parce que vous n’étiez pas capables de les traiter au Québec. On a réglé ça.»

– Philippe Couillard

Éducation

Concernant le retrait des subventions publiques aux écoles privées

«Pourquoi vous vous arrêtez en si bon chemin? Vous n’avez pas le courage de dire: “On va terminer cette Révolution tranquille” et d’arrêter de mettre de l’argent public dans l’école privée.»

– Manon Massé

«C’est un vrai bon débat, que vous posez. Mais si on allait directement avec votre plan [...] on aurait une perte de sous immédiatement.»

– Jean-François Lisée

«Pour les parents, il doit rester une liberté de choix accessible, pour les citoyens de la classe moyenne.»

– Philippe Couillard


Sur la vétusté des écoles

«On a tous le même programme, mais il y en a un qui a un problème de crédibilité, parce que ça fait 15 ans que [les libéraux] sont au pouvoir.»

– François Legault


«Le seul parti qui a l’ambition que tous les enfants de 4 ans soient soit en maternelle 4 ans, soit en CPE, c’est la CAQ.»

– François Legault

«M. Legault, vous utilisez souvent le mot “ambition”. Malheureusement, dans votre cas, l’ambition rime souvent avec brouillon. [...] Vous avez complètement sous-évalué le coût des maternelles 4 ans que vous proposez, du simple au double.»

– Philippe Couillard  


«Je ferais de la politique, seulement pour la maternelle 4 ans.» 

– François Legault, au sujet de son engagement selon lequel 100 % des enfants iraient à la maternelle


«Dans un gouvernement du Parti québécois, il y aurait une loi-bouclier; plus jamais il n'y aurait de compressions en éducation, parce que c’est la priorité permanente de la nation.»

– Jean-François Lisée

Économie/environnement

«Il manque d’emplois payants. Il faut transformer le rôle d’Investissement Québec pour attirer plus d’investissements des entreprises. Si je deviens premier ministre, je serai un premier ministre économique. Il faut au Québec être aussi riche que les autres provinces, il faut arrêter de recevoir de la péréquation.»

– François Legault

«M. Legault, il y a un seul premier ministre économique qui pouvait relancer le Québec comme on l’a relancé, équilibrer le budget comme on l’a relancé, plus de 210 000 emplois, ça, c’est la réalité de la vraie vie des travailleurs.»

– Philippe Couillard


«Dans quel monde vous vivez, M. Legault? Il y a un million de personnes qui travaillent à moins de 15 $ l’heure.»

– Manon Massé


«Vous avez essayé d’acheter des votes en Gaspésie [avec la cimenterie McInnis], vous êtes en train d’essayer d’acheter des votes sur la Côte-Nord [avec Apuiat] en forçant Hydro-Québec à acheter de l’éolien alors qu’Hydro-Québec est découragée. [...] On a déjà des surplus d’électricité, allez parler en privé avec les gens d’Hydro-Québec, ils sont découragés de vous!»

– François Legault à Philippe Couillard


«Vous êtes en train de chasser les Premières Nations du développement économique du Nord, c’est ce qui va arriver si on vous écoute. Il faut les faire profiter de ça.»

– Philippe Couillard à François Legault


«Vous faites semblant de ne pas comprendre que l’éolien, on en a besoin.»

– Jean-François Lisée

Identité/immigration/question nationale

«Vous avez dit: “Au bout de trois ans, s’ils ne parlent pas le français, dehors! Qu’ils s’organisent avec leurs problèmes!” Disons que le papa d’une famille a eu de la misère avec son français, on fait quoi?»

– Philippe Couillard

«On demande aux nouveaux arrivants de réussir un test de français. Il aura eu des cours gratuits. C’est un test de base, quelqu’un qui a suivi les cours ne devrait avoir aucun problème. Quand vous dites “expulsion”, on ne parle pas d’expulser des citoyens, on parle d’expulser des gens qui ne sont pas encore citoyens.»

– François Legault


«Je suis arrivé au Québec en 1975, je parlais à peine le français. J’ai complété mes études et fondé une famille. Je suis parfaitement intégré à la société québécoise, mais cette chance ne sourit pas à tous les immigrants. Leur première préoccupation est d’apprendre le français, trouver un emploi et surtout trouver une façon rapide de s’intégrer à leur nouvelle société. Ils prendront un certain temps pour comprendre les nuances de ce pays, alors le test des valeurs n’a aucune raison d’être. Ma question aux quatre chefs est de bien expliquer votre programme sur l’immigration et surtout les mesures d’intégration qui seront offertes aux immigrants.»

Question d’un citoyen, Dung Lê

«Un gouvernement de la CAQ va exiger de tous les nouveaux arrivants de réussir un test de français et un test de valeurs. M. Lê parlait surtout du test de valeurs: ça existe au Danemark, en Allemagne, dans les Pays-Bas, en Suisse, en Autriche, en Espagne. Est-ce que ces pays sont intolérants?»

– François Legault


«Savez-vous ce que votre candidat de Taillon a dit devant plusieurs personnes? Je le cite: “La CAQ veut faire un nettoyage de l’immigration! Avec la CAQ, les femmes avec un voile n’auront plus le droit de recevoir des services.” M. Couillard, ce soir, pouvez-vous vous excuser pour votre candidat, pour ce qu’il a dit? Puis pouvez-vous le retirer, qu’il ne soit plus candidat? [...] Comme vous avez toléré M. Leitao qui a dit qu’on était racistes. [...] Vous tolérez les gens qui disent n’importe quoi contre la CAQ.»

– François Legault

«S’il fallait qu’on fasse la même chose avec vos candidats ces jours-ci, on serait occupé. Il s’est excusé [Mohammed Barhone] Savez-vous pourquoi, M. Legault, il y a des gens qui réagissent comme ça? Parce que vous leur faites peur.»

– Philippe Couillard

– Avec la collaboration de Marc-André Gagnon, Charles Lecavalier, Patrick Bellerose et Pascal Dugas-Bourdon

Les notes de nos chroniqueurs

 
  Philippe Couillard Manon Massé François Legault Jean-François Lisée
Mario Dumont 70 % 65 % 75 % 80 %
Josée Legault 60 % 70 % 75 % 80 %
Rémi Nadeau 75 % 75 % 85 % 70 %
Lise Ravary 60 % 70 % 75 % 65 %
Jonathan Trudeau 75 % 50 % 75 % 80 %
Claude Villeneuve 70 % 70 % 65 % 75 %
Moyenne total 68,33 % 66,67 % 75 % 75 %