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Jour J - 18 : Enfin un peu de sérieux

Philippe Couillard
Photo Stevens Leblanc Philippe Couillard

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À la veille du premier débat des chefs, le Parti libéral du Québec a enfin présenté son cadre financier. Est-ce que ça surprend vraiment les observateurs de constater que le travail a bien été fait, qu’il est détaillé et presque pédagogique?
 
Ça ne vient que démontrer le sérieux du PLQ et ça, qu’on aime ou non le parti de Philippe Couillard, ça ne fait plus de doute depuis longtemps.
 
Continuer de soutenir la croissance
 
Contrairement à la CAQ, les libéraux ont choisi de détailler dans le menu la ventilation des dépenses et des revenus. À sa face même, le cadre financier du PLQ est celui d’une équipe sérieuse qui a pris le temps nécessaire pour faire un travail rigoureux.
 
Quand on demande au ministre Carlos Leitão d’où il sort les perspectives enthousiastes qui lui permettent d’augmenter ses prévisions de croissance économique, il s’empresse de répondre, preuves à l’appui, que deux grandes banques ont récemment relevé leurs prévisions de croissance économique.
 
Philippe Couillard
Capture d'écran fil Twitter de Carlos Leitão
 
La Banque Nationale et la Banque Royale ont en effet haussé de 0,3% leurs prévisions depuis la présentation du rapport de la vérificatrice générale.
 
Cette explication est non seulement cohérente, mais elle démontre une fine compréhension des facteurs qui font fluctuer les revenus de l’État.
 
Même chose quand on pense à l’augmentation des sommes consacrées au Plan québécois des infrastructures. Les 10 milliards qui sont ajoutés en 10 ans au PQI auront certainement un impact sur l’économie et viendront dynamiser certains secteurs, au profit ultime de l’État.
 
La frustration du PQ
 
En réaction au cadre budgétaire présenté par le PLQ, la vice-chef du Parti québécois déchirait sa chemise et criait au scandale.
 
Pourquoi? Elle reproche au gouvernement de ne pas s’en être tenu aux chiffres contenus dans le rapport de la vérificatrice générale au début de la campagne électorale. 
 
Mais était-ce une obligation? Pas du tout! 
 
Tout ce que la vérificatrice générale a fait dans son rapport, c’est de valider les prévisions du gouvernement. Ce rapport avait pour objectif de s’assurer qu’aucun parti ne pouvait accéder au gouvernement pour ensuite crier au scandale devant des coffres vides. En gros, on s’assurait que tout le monde était au même endroit sur la ligne de départ.
 
Toutefois, la vérificatrice générale n’imposait à personne la voie à suivre à partir de ce moment. Elle ne traçait pas non plus les limites que les partis devraient respecter en prévoyant leurs dépenses puisque celles-ci devraient normalement dépendre des revenus. À preuve, les créatifs 12,9 milliards de Québec solidaire.
 
En vérité, ce qui fait rager les péquistes, c’est qu’ils ont voulu attendre après le PLQ pour déposer leur cadre financier. 
 
Le PQ, si on en croit l’irritation de sa vice-cheffe, s’est limité au cadre approuvé par la VG. Il n’a donc pas fait preuve d’imagination, d’audace ou de créativité. Il n’a pas non plus eu la compétence de comprendre la progression actuelle des perspectives économiques pour en tirer profit.
 
Enfin, en attendant si tard avant de déposer son cadre financier, Jean-François Lisée s’est peinturé dans un coin. 
 
Il n’a eu d’autre choix que de prendre (et perdre) des heures précieuses, à la veille et le jour même d’un débat, pour analyser la présentation des libéraux, revoir ses priorités et peaufiner son cadre avant de prendre (et perdre) encore un temps précieux à le livrer aux médias. À moins d’une révision rapide, il sera obligé de plaider la modération et la rigueur (!!) pour justifier ses promesses plus retenues que celles de ses adversaires.
 
1er débat
 
Le débat de jeudi soir donnera la chance aux chefs et à la porte-parole d’expliquer leurs choix d’avenir pour le Québec. Avec le cadre budgétaire présenté mercredi, Philippe Couillard ne pourra pas se faire accuser de ne pas chiffrer ses engagements!
 
À surveiller :
  • Philippe Couillard devra se montrer calme, confiant et rassurant en maintenant sa posture de premier ministre en exercice.
  • Jean-François Lisée devra démontrer que le Parti québécois peut encore être porteur d’un message inspirant en évitant l’humour et le sarcasme qui passent très mal à la télé.
  • François Legault devra trouver le temps de faire valoir ses idées tout en répondant aux tirs groupés, notamment sur sa position à propos de l’immigration. Il devra demeurer posé s’il veut éviter les craquements de voix qu’on lui connaît.
  • Manon Massé aura l’occasion de présenter une nouvelle voie à suivre. Cette visibilité, si madame Massé sait en profiter, est l’occasion rêvée pour QS de gonfler ses appuis hors des grands centres.