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Le «pilote des stars» coupable de sabotage

120 000 personnes ont été plongées dans le noir par sa faute

Normand Dubé
Photo Matt Joycey Normand Dubé a connu son verdict de culpabilité jeudi au palais de justice de Saint-Jérôme. «Je m’y attendais à 50/50», dit-il.

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L’ancien « pilote des stars » a bien causé les trois pannes survenues en décembre 2014 sur les lignes d’Hydro-Québec, qui ont plongé au moins 120 000 personnes dans le noir et interrompu les exportations d’électricité. Un sabotage qui rappelle un « geste de terrorisme », selon le ministère public.

Le procès de l’ancien « pilote des stars » sera resté secret jusqu’à la fin. En vertu d’une ordonnance pour protéger « la sécurité nationale », le juge Paul Chevalier a prononcé son jugement à huis clos, avant d’en fournir en après-midi une copie caviardée, au palais de justice de Saint-Jérôme.

Les médias ne peuvent pas décrire la technique que Dubé a utilisée avec son avion pour saboter trois lignes d’Hydro-Québec dans les Laurentides.

Le procureur du ministère public Steve Baribeau réclame la peine maximale de 10 ans de prison pour ces méfaits. Le juge a cependant accepté de libérer l’ancien pilote en attendant les représentations sur la peine, le 17 octobre.

Rencontré après le prononcé du verdict, Normand Dubé se dit toujours innocent. « On va aller en appel, dit-il. Je vais suivre les traces de mon avocat. »

Projet faisable ?

Son procureur Maxime Chevalier qualifie le jugement d’« étoffé ». Malgré la décision du juge, il continue cependant de mettre en doute la thèse du ministère public.

« Une question semble non résolue : la faisabilité de ce qu’on reproche à M. Dubé. »

Ce n’est pas l’avis de la cour, qui a retenu la démonstration de l’expert de la poursuite, l’ancien pilote militaire Paul Kissman. Selon lui, la mystérieuse méthode est « plutôt simple ».

« C’est d’ailleurs une technique connue, employée à plusieurs reprises, notamment en Iraq (sic), au Kosovo et en Serbie, et dont le mode d’emploi est facilement accessible sur internet », écrit le juge Paul Chevalier.

Version tardive

Mais surtout, le juge a rejeté la version de Dubé, qu’il a communiquée seulement en juillet dernier, dans les dernières semaines du procès. 

Il a alors reconnu dans son témoignage avoir survolé les lignes concernées au moment où elles sont tombées en panne le 4 décembre 2014. L’ancien pilote a toutefois nié avoir posé les actes de sabotage pour lesquels il vient d’être reconnu coupable.

Dubé a plutôt prétendu avoir fait ce trajet pour vérifier les dires d’un ami, qui lui aurait confié avoir tenté de saboter les lignes d’Hydro-Québec en hélicoptère ou en avion.

Le juge a écarté ses explications.