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Un adolescent de 16 ans fait la barbe à l’élite mondiale de la pétanque

Hicham Boulassal
Photo Alain Bergerib Hicham Boulassal a salué en arabe son arrivée à Desbiens en remportant la qualification du spectaculaire concours de tir de précision.

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DESBIENS | Un adolescent de 16 ans nous a habilement fait la démonstration que la qualité de la vue diminue avec les années. De toute évidence, Hicham Boulassal n’est pas encore ennuyé par des cataractes.

Le jeune Marocain a bouleversé la hiérarchie en obtenant le meilleur pointage parmi les 41 concurrents, lors de la ronde de qualification de jeudi au tir de précision. L’exercice se veut aussi simple que compliqué : durant cinq ateliers l’obligeant à déloger une boule cible différente, le joueur doit user de précision à des distances de six, sept, huit et neuf mètres.

Le champion éliminé

Le gamin qui pèse à peine 115 livres a fait mouche avec 18 des 20 boules qu’il a lancées. Son total de 50 points l’a assuré d’une présence au quart de finale de samedi soir avec trois autres joueurs, mais il a aussi contribué à reléguer aux archives le champion en titre au même exercice d’il y a deux ans, Sok Chanmean. Le Cambodgien, une véritable vedette dans son pays, a été éliminé du concours désormais réservé aux 16 meilleurs en raison de son 27e rang.

« Oui, il y a de la pression parce que notre premier ministre espère encore le voir gagner la médaille d’or. Beaucoup de pression. Comme l’équipe du Brésil en a à la Coupe du monde de soccer », compare In Kim Srun, un docteur en mathématiques à la retraite du ministère de l’Éducation devenu secrétaire général de la Fédération de pétanque du Cambodge.

Un titre convoité

Le monsieur nous avait demandé de ne pas importuner l’as tireur de son pays avant sa prestation. Ce concours du tir de précision commande une disposition optimale, semble-t-il. L’ex-champion, à qui le service militaire autorise un entraînement pour la pétanque de six heures par jour durant six mois, quittera cette fois le Canada sans la célébrité de 2017.

« Bien sûr qu’il y a un prestige. Du coup, on est tout seul contre les autres pays », témoigne le Français Dylan Rocher, qualifié pour la suite avec ses 40 points, et considéré comme l’un des aspirants pour le titre.

On n’imagine pas le statut qu’obtiendra le petit Hicham s’il devait répéter l’exploit de son vénérable compatriote Abdessamad El Mankari, champion du monde à ce concours en 2008.

« C’est un chromosome ! » image Hodoyfa Bouchgour pour taquiner son jeune coéquipier.

Une petite cellule qui voit loin, par contre.