/opinion/blogs/columnists
Navigation

Sur le débat : quelques considérations

Sur le débat : quelques considérations
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

Coup d'oeil sur cet article

Petites observations en vrac sur le débat...

 

1- C’est trop long

Personnellement, je suis la politique depuis l’âge de 7 ans. Je me souviens de chaque élection depuis 1989, le moment où j’ai commencé à pouvoir me coucher plus tard pour écouter les résultats. La politique, j’en mange, ça me coule dans les veines, c’est une passion.

Dans un tel contexte, je me dis que si un gars comme moi commence à regarder son cellulaire après 15 minutes, que je lutte pour ne pas partir dans la Lune après une demi-heure et que je perds complètement le fil après une heure, il doit y avoir un méchant paquet de monde pour qui c’est difficile de suivre à la maison. Déjà qu’un débat à 4, c’est plate... Sérieusement, il n’y aucune utilité à ce qu’un exercice comme celui-là dure deux heures, voire 135 minutes comme hier.

2- Les questions de citoyens

Ça aussi, c’est plate. Ça n’ajoute pas vraiment au débat, ça crée des « sideshows » (le système d’alarme d’auto qui décolle...) qui n’aident pas à suivre un exercice déjà laborieux. Ça ramène au « je, me, moi » quelque chose qui est supposé être une discussion collective. Et ça casse le rythme. Que la formule ait été essayée quelques fois, c’est correct. Qu’on y revienne tout le temps même si on le dit chaque fois que c’est pas bon, c’est incompréhensible.

3- Manon Massé

Tout le monde parle de son débat comme si elle s’était cassé la gueule. Même les quésolistes sur les réseaux hésitent à la défendre. Pourtant, ce n’est pas le débat que j’ai vu. Elle a passé tous ses messages, restait en dehors de la cacophonie de manière à avoir un moment où elle pouvait passer ses lignes en toute quiétude une fois à son tour. Elle a été bonne sur le salaire minimum, sur l’école privée et sur le libre-échange.

En communication politique, moins, c’est plus. Manon Massé sait à qui elle veut parler et ces gens-là ont tous pu très bien saisir ce qu’elle avait à dire hier. Sur Twitter, on le voyait, beaucoup faisaient remarquer que c’était la seule qui ne s’enterrait pas avec les autres, qui pouvaient être assez agaçants. Point de vue de ses partisans déjà conquis? Peut-être, mais il m’est avis que beaucoup de gens ont pensé ça à la maison. Bref, peut-être pas le débat du siècle, mais le débat dont elle avait besoin. À la fin, Massé n’essaie pas de plaire à tout le monde.

4- Patrice Roy

Sérieusement, qui est le génie à Radio-Canada qui a dit un jour : « Patrice Roy, ça va être notre homme des grands rendez-vous! » On aurait deux mots à lui dire.

Pour vrai, ce type-là est allergique à l’imprévu et panique quand il lui faut être spontané. C’est maladresse sur maladresse, au moment de ramener à l’ordre un chef qui brandit un document ou de donner une chance au premier ministre sortant de dire un bon mot pour l’ensemble de ses opposants en fin de débat. On fait grand cas de Manon Massé qui, en terminant, a attribué à son genre le fait qu’elle ait pris moins de temps que ses adversaires. Personne ne souligne que c’est arrivé parce que Patrice Roy s’est surpris à voix haute qu’elle ait pris moins de temps, en tentant de se féliciter lui-même d’avoir fait respecter une « zone paritaire ». Rendu là, vous vouliez qu’elle réponde quoi, Manon? « Ouain, j’ai pas été ben bonne... » Ou encore : « Ouais, pis c’est de ta faute... » Ou, pourquoi pas : « Oui, mais ce n’est pas bien grave. » Franchement! Et après, Roy s’indigne qu’elle lui réponde. C’est n’importe quoi.

Tiens, une autre citation : « Moi, les soirées politiques avec Patrice Roy, j’en mange! » Cette citation appartient à : personne de tout l’univers connu! Pour vrai, Dieu a envoyé Patrice Roy sur Terre pour nous rappeler à quel point Bernard Derome était bon.

Je me relis et je trouve mon dernier passage un peu méchant et exagéré, mais il me semble que c’est le temps d’avoir une discussion sur ce sujet qui génère des milliers de paires d’yeux levés au ciel à chaque rendez-vous politique, mais dont personne ne parle jamais. Et n'y voyez pas du picossage entre familles de réseaux médiatiques : c’est quelqu’un qui a suivi les soirées électorales à Radio-Canada la majeure partie de sa vie qui vous le dit. Bref, Patrice Roy est peut-être un chef d’antenne décent pour un Montréal ce soir millimétré, mais pour ce genre de soirées en direct, c’est ratage sur ratage.