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Sylvain Bruneau contredit Françoise Abanda

«Je ne peux pas la forcer à jouer un match de tennis»

Sylvain Bruneau
Photo d'archives, Joël Lemay Sylvain Bruneau

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Totalement en désaccord avec la version des faits de Françoise Abanda, qui l’a pointé du doigt pour l’avoir forcée à jouer son match jeudi soir à la Coupe Banque Nationale en dépit d’une blessure, l’entraîneur Sylvain Bruneau assure que sa protégée n’a été contrainte d’aucune façon à sauter sur le terrain.

Après sa défaite en deux manches de 6-4 au deuxième tour du tournoi de Québec face à Sofia Kenin, Abanda a évoqué une blessure au pied droit pour justifier le résultat. Au passage, elle a mentionné que la douleur lui dictait de déclarer forfait, mais que Bruneau aurait été trop persuasif en la poussant à continuer.

«Ce n’est pas ce qui s’est passé», a réagi l’entraîneur responsable du volet féminin à Tennis Canada, tard jeudi soir, au terme de la victoire de son autre protégée, Rebecca Marino.

Accompagné de la physiothérapeute de Tennis Canada Marlene Nobrega, Bruneau a longuement élaboré sur les discussions entre lui et Abanda.

«Elle m’a mentionné à l’échauffement qu’elle avait une douleur à l’orteil. Je lui ai demandé de consulter les physiothérapeutes et elle m’a dit qu’elle l’avait fait. Ils lui ont suggéré de mettre un rembourrage, mais elle ne se sentait pas confortable. Elle a décidé de ne pas le mettre.

«Elle m’a texté en me disant qu’elle avait peur d’avoir de la difficulté à se déplacer pendant le match. J’étais avec Marlene et je lui ai demandé d’aller voir Françoise. Elle est allée et quand elle revenue, elle m’a dit que c’était l’ongle qui rentrait dans la peau et que ce n’était pas une grosse blessure. Elle a parlé d’un possible inconfort pendant le match.

«À 3-0, je suis allé sur le terrain et Françoise m’a dit qu’elle devrait arrêter. Je lui ai dit d’essayer de faire venir le physio de la WTA et d’essayer un taping pour voir comment elle se sentirait. Je lui ai dit que la douleur serait moins grande et qu’elle serait probablement capable de jouer ce match, qui était quand même important, et de se donner une chance de continuer. C’est tout! Je ne lui ai jamais dit : Il faut que tu joues», a-t-il tranché.

«Aucune raison de ne pas jouer»

De l’avis de Mme Nobrega, rien ne laissait présager une blessure sérieuse, ni une aggravation potentielle durant la partie.

«Il n’y avait pas d’ampoule, de fissure ou d’inflammation. Les physios de la WTA avaient le même diagnostic. Le rembourrage la rendait inconfortable. Je l’ai rassurée en lui disant qu’il n’y avait rien au niveau de son orteil qui était inquiétant. Il n’y a pas de doute que c’était probablement douloureux, mais il n’y avait aucune raison de ne pas jouer ce match. Elle a choisi de ne pas avoir de taping et la visite s’est terminée là», a-t-elle raconté.

Bruneau surpris et déçu

Travaillant depuis plusieurs années auprès de Françoise Abanda, Bruneau semblait littéralement sous le choc et émotif, après coup.

«Je m’étais informé avant le match comme un entraîneur doit le faire sur la nature et la gravité de sa blessure. Ce qu’on m’a dit a été très rassurant. La réalité, c’est que parfois, on joue des matchs de tennis et qu’on n’est pas toujours à 100%», a-t-il indiqué

«Après une défaite, les athlètes réagissent de façon différente. J’imagine qu’elle était déçue d’avoir perdu. On connaît Françoise et je ne peux pas la forcer à jouer un match de tennis. Je ne ferais jamais ça avec personne de toute façon. Elle m’a effectivement mentionné qu’elle avait envie d’arrêter et c’est vrai que je ne lui ai pas dit : Arrête!

«Mais en bout de ligne, c’est la joueuse qui décide, je suis juste là pour l’aider. C’est une joueuse professionnelle, autonome, qui fait ses trucs. Je ne prends pas de décision comme ça pour elle», a-t-il assuré.

Bruneau demeure d’avis qu’il entretient une bonne relation avec Abanda et qu’il ne s’agit peut-être que d’un malheureux imbroglio.

«Je ne lui ai pas (encore) parlé parce que tout de suite après, Rebecca (Marino) avait un match et j’étais dans sa préparation. Après coup, on m’a informé des propos de Françoise et j’étais extrêmement surpris. Je vais espérer qu’elle a juste mal compris ce que je lui ai dit. Il me semble que c’était clair, mais bon...»