/weekend
Navigation

«J’espère que la série va permettre une discussion collective», dit Éric Bruneau dans Le Jeu

Éric Bruneau dans Le jeu
Photo courtoisie, Amalga Éric Bruneau

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir incarné des personnages torturés dans Blue Moon et Mensonges, Éric Bruneau confie qu’il ne souhaitait pas retourner, du moins pour l’instant, dans la peau d’un psychopathe. En plus d’être en tournage à Toronto, on le verra donc à l’écran cet automne dans le thriller Le Jeu, avec un personnage de bon gars amoureux.

« Ce n’est vraiment que par la force du hasard que j’ai joué des affaires plus sombres dans les dernières années. Mais en même temps, j’ai aussi joué dans Trop. J’essaie de me promener dans différents types de rôles, de nuancer les propositions. Effectivement, j’étais content de faire quelqu’un d’amoureux », a-t-il confié quelques jours après la diffusion du premier épisode de la série Le Jeu.

Sans qualifier la série de moralisatrice, Éric Bruneau a été attiré par le propos de celle-ci, ancré dans l’air du temps. Il incarne Julien, un concepteur de jeux vidéo qui a l’étoffe d’un leader, follement amoureux de Marianne, aussi conceptrice de jeux, dont la vie sera empoisonnée par des trolls.

Éric Bruneau n’est pas sur les réseaux sociaux. Par choix. « C’est une conversation qui ne m’intéresse pas. Je ne dis pas qu’il y a juste du mauvais. Mais il y a un vacarme incessant du commentaire qui m’énerve. Je pense que je suis trop fragile pour vivre avec ça », laisse-t-il tomber.

« Là, je tourne à Toronto, et je travaille avec des gens de Los Angeles. Là-bas, quand ils prennent de gros projets, ils se font demander d’être présents sur les réseaux sociaux. J’ai des amis acteurs qui ont même perdu des rôles parce qu’au final, ils avaient moins de followers. Le métier s’en va là... j’ai trouvé ça triste. »

Pour construire son personnage, qui deviendra une victime collatérale des trolls de sa blonde, Éric Bruneau est non seulement allé rencontrer des producteurs chez Ubisoft, mais il est aussi allé fouiner dans les sphères les plus sombres des réseaux sociaux.

Une violence inouïe

« J’étais flabbergasté de voir à quel point les propos étaient d’une violence inouïe. Souvent, c’est de voir comment les gars parlent aux filles. Et les filles, comme Marianne [Laurence Lebœuf], ont développé un réflexe de dire “ben non, y’a rien là, j’aime mieux pas en parler”. Comme si les filles voulaient se protéger en disant que ce n’était pas arrivé. On est rendus qu’on tolère ça. C’est là que ça n’a pas de sens. J’espère que la série va permettre une discussion collective.

« Le premier épisode a créé des réactions, et c’est bon qu’on ait cette conversation-là qu’il n’y a pas d’éthique sur les réseaux sociaux. On parle beaucoup des cours de sexualité à l’école, mais il devrait y avoir des cours d’“éthique et réseaux sociaux”. »

Outre Le Jeu, Éric Bruneau est toujours aussi actif au théâtre. Il jouera pour une quatrième fois dans une création de Michel Marc Bouchard en 2019. Il partagera la scène avec Julie Le Breton — « c’est la fille avec qui j’ai le plus joué au théâtre », dit-il — dans La nuit où Laurier Gaudreault s’est réveillé, une mise en scène de Serge Denoncourt au Théâtre du Nouveau Monde.


Le Jeu est diffusé tous les lundis, 21 h, à TVA.