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Les Ursulines quittent leur monastère après près de 400 ans à Québec

Une dernière messe avant de tourner la page sur 379 ans d’histoire

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Les Ursulines s’apprête à dire adieu à leur monastère du Vieux-Québec qu’elles occupent depuis 1642, alors qu’elles quitteront progressivement pour une résidence pour personnes âgées de Beauport à compter de mardi.

Dimanche, 52 sœurs ont assisté à une messe au monastère, une dernière avant que le déménagement ne s’amorce pour une grande majorité d’entre elles.

D’ici la mi-octobre, elles s’en iront graduellement vers une résidence pour aînés de Beauport mieux adaptée à leurs besoins, alors que 40 % des sœurs ont aujourd'hui plus de 90 ans. Seulement quatre sœurs vont demeurer au monastère, question d’y conserver une présence symbolique.

Ce déménagement s'annonce déchirant pour plusieurs sœurs, dont Thérèse Guay, qui, dit-elle, s'ennuiera de la chapelle du monastère. « C'est un lieu vraiment privilégié pour nous. Et puis, avec tout ce qu'on a reçu en fait de vie religieuse, ç'a été... il y a eu de grands moments d'intimité avec Dieu », a-t-elle confié à TVA Nouvelles.

Une trentaine de citoyens bien au fait du déménagement imminent des Ursulines ont aussi assisté à la messe dominicale.

« J'espère seulement que ces lieux-là vont rester beaux, qu'ils ne se détérioreront pas comme bien d'autres lieux de culte qu'on voit abandonnés et laissés à leur mauvais sort », a souhaité une citoyenne.

« Elles ont aidé énormément d'enfants et de familles. De les voir partir comme ça, c'est d'une grande tristesse », a renchéri un autre homme.

Première école pour filles

Les Ursulines ont contribué à poser les premiers jalons de la Nouvelle-France, s’établissant quelques décennies seulement après la fondation de Québec en 1608.

Menée notamment par Marie de l’Incarnation, la communauté religieuse a mis sur pied la première institution d’enseignement dédiée aux jeunes filles en Amérique du Nord. Les Ursulines ont accueilli de jeunes Européennes et Amérindiennes dès 1639, avant de bouger leurs pénates dans leur monastère actuel du Vieux-Québec trois ans plus tard.

« Elles ont été de grandes enseignantes, des femmes d’affaires, des artisanes, des artistes. Elles ont contribué beaucoup à l’histoire du Vieux-Québec, souligne l’historien Jean-Marie Lebel. C’est la fin de la Nouvelle-France vivante. »

Si le musée et l’école primaire des Ursulines, entre autres, poursuivent leurs activités habituelles, la prochaine vocation du monastère reste toujours à être définie.

- Avec la collaboration de l’Agence QMI