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Un film conçu comme une chanson populaire

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TORONTO | Après avoir signé deux drames – Le vendeur et Le démantèlement – qui ont touché le public en plein cœur, le cinéaste Sébastien Pilote change de registre et propose cette fois-ci une comédie dramatique plus légère, La disparition des lucioles, qu’il affirme avoir conçue pour sonner comme une chanson populaire.

« Je crois que c’est mon film le plus accessible », a souligné Sébastien Pilote en entrevue au Journal plus tôt cette semaine au Festival de Toronto.

« J’ai toujours dit que c’était un film qui avait été conçu comme une chanson pop. Pas une chanson pop à la Drake. Mais plutôt comme une bonne toune de Michel Rivard. Alors que mes autres films étaient peut-être plus de la musique de chambre. »

Tourné au Saguenay (la région natale de Pilote), La disparition des lucioles nous amène dans le quotidien de Léo, jeune fille marginale et dégourdie de 17 ans (jouée par Karelle Tremblay) qui ne s’entend pas du tout avec son beau-père animateur vedette d’une radio poubelle (François Papineau) et qui se lie d’amitié avec Steve, un homme plus vieux qu’elle qui vit dans le sous-sol de la maison de sa mère et qui gagne sa vie en donnant des cours de guitare (Pierre-Luc Brillant).

« Dans Le vendeur et Le démantèlement, je parlais de personnages qui étaient à la fin de quelque chose, observe Pilote. Là, j’ai voulu montrer un personnage qui est au début de quelque chose.

« C’est un film que je voulais faire de manière naïve, avec un sentiment de bonté, de générosité et d’amour. Je l’ai fait sans vouloir montrer un savoir-faire. C’est un film qui est contre le cynisme. Léo est un personnage qui a un regard très cynique sur les choses. Elle dit qu’elle voit la vie avec des yeux de serpent. Je suis un peu comme ça aussi dans la vie et il arrive que ça me fatigue. Le remède à ça dans le film, c’est le personnage de Steve et la musique qui représentent une certaine forme de naïveté. »

Jouer avec les codes

Avec ce nouveau film, Sébastien Pilote revisite sans le vouloir un genre très populaire au cinéma et en littérature, le « coming of age », c’est-à-dire ces œuvres qui décrivent le passage de l’adolescence à l’âge adulte.

« Au premier visionnement du film avec les producteurs, quelqu’un m’a fait le commentaire que c’était un “coming of age”, se souvient le cinéaste. Mais personnellement, je ne connaissais pas du tout cette expression.

« Puis, après la première du film, certains critiques l’ont comparé à des films que je n’avais pas vus comme Lady Bird ou Juno. Cela dit, je n’ai pas voulu faire ce genre de film. Oui, le personnage principal est une jeune fille de 17 ans et elle va à l’école. Mais j’ai voulu faire le moins de scènes d’école possible. C’est sûr qu’on joue un peu avec les codes des films d’ados et des motifs du cinéma pop. Mais ce n’est pas un portrait d’adolescente ou un film sur la psychologie des adolescents. C’est un film sur la psychologie d’un état d’esprit et sur le cynisme omniprésent. »


► Le film La disparition des lucioles prend l’affiche vendredi (le 21 septembre).