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Les Limoulois redoutent encore l’air qu’ils respirent

Les Limoulois redoutent encore l’air qu’ils respirent
Photo Dominique Lelièvre

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Six ans après un épisode de poussière rouge qui avait marqué les esprits, les préoccupations relativement à la qualité de l’air sont toujours vives dans le quartier Limoilou, à Québec, où quelque 300 citoyens ont manifesté, samedi, afin d’interpeller la classe politique.

Muni de percussions et de jouets sonores, le public très familial s’est rassemblé en début de journée au parc D’Iberville, sur la 1re rue, à deux pas de la station du port de Québec qui mesure quotidiennement la concentration de particules dans l’air.

«On veut que les politiciens prennent position et prennent des actions concrètes pour améliorer la qualité de l’air ici», a résumé Jacquelyn Smith, l’une des organisatrices de la marche.

«Je suis enceinte et je suis devenue une personne vulnérable. Mon enfant va vivre ici et ça m’inquiète énormément», confie-t-elle.

Toujours présent

Malgré les mesures de mitigation adoptées par le Port de Québec depuis quelques années et les investissements de la Ville de Québec dans son incinérateur du quartier Maizerets, la concentration de polluants dans l’air demeure préoccupante, estiment plusieurs citoyens, qui pointent également du doigt les autoroutes qui encerclent Limoilou.

«On continue de manutentionner et d’entreposer des millions de tonnes de poudre de minerais [au Port de Québec], en frontal du fleuve. Tant que ce ne sera pas couvert, comment voulez-vous contenir des millions de tonnes de poudre au vent?», demande Véronique Lalande, qui a initié avec son conjoint deux recours collectifs dans le dossier de la poussière rouge, dont l’un sera entendu dès la mi-octobre au palais de justice.

Comme d’autres, elle n’hésite pas à dire que la pollution de l’air est au moins en partie responsable de l’espérance de vie réduite dans la basse-ville de Québec. L’écart serait de huit ans avec les quartiers de la haute-ville, montre une récente étude du Centre intégré universitaire de la santé et des services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

«Les citoyens respirent de la poussière. On la voit, on la ressent, on l’entend. [...] Il y a des gens dans la marche qui ont des enfants qui sont asthmatiques et qui se sont fait dire qu’ils devraient peut-être déménager de la basse-ville, donc c’est un problème», évalue également le président du conseil de quartier du Vieux-Limoilou Raymond Poirier.

Étude attendue

Présentes à la marche des citoyens, les conseillères municipales Suzanne Verreault et Geneviève Hamelin ont assuré que l’étude sur la qualité de l’air dans la basse-ville, lancée en 2017 et très attendue des citoyens, progresse bien.

Un rapport d’étape devrait être dévoilé sous peu, mais les conclusions finales des chercheurs ne sont pas attendues avant la fin 2019. «Les premières données vont être déposées d’ici quelques semaines et ce sera rendu public», a assuré Mme Verrault.

La marche a aussi attiré les représentants du Parti québécois, de Québec solidaire et du Nouveau parti démocratique du Québec dans la circonscription de Jean-Lesage.