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Les mystères de la ruche et de l’âme humaine

Andrée Christensen
Photo courtoisie Andrée Christensen

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Poète, traductrice littéraire et romancière, Andrée Christensen a été complètement envoûtée par le monde des abeilles. Tant et si bien qu’elle a marié cet univers à une île imaginaire perdue dans l’archipel des Hébrides, l’unissant du coup au destin de trois familles d’origines différentes dans son nouveau roman, L’Isle aux abeilles noires.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, une famille française, une famille grecque et une famille danoise aboutissent dans cette île mystérieuse et envoûtante, dont les falaises sont habitées de milliers d’abeilles et d’oiseaux de mer.

Parmi ces êtres, dont la vision du monde est en marge de celle de leurs contemporains, se trouvent un souffleur de verre, une musicienne, une parfumeuse, une danseuse, un apiculteur et un enfant magicien. Andrée Christensen, avec une prose délicate et imaginative, très poétique, raconte leur destinée, chaque fois portée par la passion.

<i>L’Isle aux abeilles noires</i></br>
Andrée Christensen, Éditions David, 360 pages.
Photo courtoisie
L’Isle aux abeilles noires
Andrée Christensen, Éditions David, 360 pages.

Andrée Christensen a travaillé pendant sept ans sur ce roman inspiré par la structure en alvéoles de la ruche et construit comme tel. « Les personnages se sont présentés à moi, au début, mais toute l’histoire et le contexte des abeilles ont été pour moi une révélation. Je ne pensais jamais écrire sur le thème des abeilles, mais tout a commencé quand mon mari m’a offert des livres sur les abeilles et sur l’apiculture... », relate-t-elle en entrevue.

Ce cadeau a été un déclencheur d’inspiration. « J’ai découvert un monde fascinant et je trouve que ça correspond à ce qui se passe dans le monde, et à la disparition presque massive des abeilles à travers la planète. »

Elle a beaucoup réfléchi sur le sujet et considère que les abeilles sont devenues le symbole de la fragilité de notre monde, mais aussi de la vulnérabilité des êtres humains. « C’est ce que j’ai essayé de décrire à travers mes personnages. »

L’Isle aux abeilles noires n’existe pas. « J’ai toujours rêvé de vivre sur une île. J’étais censée hériter de la maison familiale sur l’île danoise d’Endolav, où mon père a passé son enfance. Mais les choses ne se sont pas passées comme ça. Pour moi, l’île, c’est presque une nostalgie de ce monde que j’aurais aimé connaître. »

La musique

La musique occupe également une place très importante dans le roman. « Je viens d’une famille de musiciens et je fais partie d’un chœur. La musique fait une partie de ma vie et la pièce de Dvorak a fait naître le personnage de la danseuse. L’apiculteur joue des chaconnes de Bach. Dans mon site internet, les visiteurs vont pouvoir écouter toutes les pièces de musique qui ont inspiré le livre. »

Andrée Christensen, une styliste remarquable, pense qu’elle n’a pas quitté son univers poétique en écrivant le roman. « La poésie, on ne retrouve pas ça uniquement dans les recueils de poèmes. Pour moi, c’est vraiment une façon d’être, une façon de voir le monde. Et je pense que mes personnages sont un peu des poètes, à cause de leur façon de percevoir le monde autour d’eux. »