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Le programme «caché» de QS était en ligne

Le programme «caché» de QS était en ligne
Photo Agence QMI, Sébastien St-Jean

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Les attaques de Jean-François Lisée contre Québec solidaire se sont retournées contre le chef péquiste dimanche, quand celui-ci a dû admettre que le programme prétendument caché du parti est toujours disponible en ligne.  

«Je conviens qu’un bon recherchiste, ou quelqu’un qui sait utiliser les moteurs de recherche, l’aurait trouvé», a reconnu M. Lisée en fin d’après-midi.   

Plus tôt dans la journée, le chef du PQ avait attaqué Québec solidaire en affirmant : «Lorsqu’on cache un programme politique, c’est de la manipulation, lorsqu’on a un co-porte-parole qui dit qu’elle a le pouvoir alors qu’on sait que c’est faux, c’est de la manipulation. Lorsqu’on dit que l’ancien président du Conseil central du Montréal métropolitain, un des hommes les plus puissants de l’univers syndical, qui est chef de QS, est juste là pour coller des timbres, c’est de la manipulation».    

Vérification faite, le programme a toujours été disponible sur le site Web de Québec solidaire, mais M. Lisée et son équipe avait consulté sur le site mobile du parti la veille, où l’information était plus difficile à trouver. «Lorsqu’on veut projeter son message vers les jeunes, on choisit ce qu’on projette sur notre site mobile», a plaidé M. Lisée.    

Politiques de QS  

Sur le fond, le chef péquiste maintient toutefois que QS évite de parler ses positions plus radicales. «Ça fait 30 jours qu’ils ne parlent pas de leur programme, de leur vrai objectif», dit M. Lisée.   

«Nous, notre vrai objectif, c’est une société indépendante, équitable, verte, ajoute-t-il. On en parle tous les jours. Jamais, eux, ils ne disent : notre vrai objectif, c’est de socialiser la totalité des moyens de production, c’est-à-dire de nationaliser toutes les grandes entreprises.»   

Si le programme de QS ne parle pas de «nationaliser toutes les grandes entreprises», il prévoit «à long terme, la socialisation des activités économiques», qui inclut la «nationalisation de grandes entreprises dans certains secteurs stratégiques», soit l’énergie, les mines, l’industrie forestière et les banques (partiellement). «Une certaine place au secteur privé sera maintenue, particulièrement en ce qui a trait aux PME», affirme le parti.

«M. Lisée ment»  

L’imbroglio sur le programme de QS semble avoir été déclenché par les textes des chroniqueuses Lysiane Gagnon, de La Presse, et Denise Bombardier, du Journal. Toutes deux ont affirmé samedi que le parti a remplacé son programme complet par une version écourtée l’an dernier.   

Lysiane Gagnon affirme que le programme a été remplacé par le Plan de transition économique, alors que les deux documents sont distincts et bien visibles sur le site Web de QS. Plusieurs des éléments qui auraient disparu dans le programme, selon la chroniqueuse, s’y retrouvent d’ailleurs bel et bien. Denise Bombardier semble également faire référence au Plan de transition économique, sans toutefois le préciser.   

  

  

«Certains chroniqueurs semblent dire qu’on aurait remplacé le programme par le plan de transition économique, mais c’est faux, dit le co-porte-parole masculin de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois. Le Plan de transition économique, c’est le plan de Québec solidaire pour lutter contre les changements climatiques.»   

Il assure que le programme sur le site du parti est le même «depuis toujours». QS a fait des ajouts après les congrès de la dernière année, mais «il n’y a pas eu de retrait du programme en ligne».   

«M. Lisée ment, quand il dit ça, assure M. Nadeau-Dubois. [...] C’est vraiment troublant de lancer, comme ça, des mensonges, dans l’espace public. Tout le monde au Québec voit très bien la stratégie de M. Lisée, ce n’est pas très discret : il est désespéré, il panique.»   

Nationaliser les CELI ?  

La veille, lors d’un discours devant des jeunes militants de son parti, Jean-François Lisée a également accusé Québec solidaire de vouloir nationaliser le tiers des CELI du Québec pour financer la rénovation de bâtiments énergivores.   

Dans son plan de transition, QS écrit qu’il souhaite rapatrier le Compte d’épargne libre d’impôt canadien. Toutefois, les sommes déjà investies seraient protégées, assure Gabriel Nadeau-Dubois. «On ne touche pas au CELI existant», dit-il. Par la suite, les épargnants québécois pourraient choisir d’investir dans un CELI dont le tiers des sommes servirait à financer les rénovations vertes. «Ce serait volontaire», affirme le porte-parole de QS.     

«Ils disent qu’ils veulent contrôler le tiers de toutes les sommes qu’il y a dans les CELI pour l’investir quelque part, réplique M. Lisée. [...] Si quelqu’un décide à votre place de ce que je vais faire avec un dollar sur trois, appelez ça comme vous voulez, mais c’est prendre le contrôle de l’épargne des individus.    

Convergence  

Malgré ces critiques, le chef péquiste ne regrette pas d’avoir proposé l’an dernier de réaliser une alliance électorale avec QS, où chaque parti aurait laissé le champ libre à l’autre dans certaines circonscriptions. Cette proposition de «convergence» visait à écarter les libéraux et la CAQ du pouvoir dans un objectif de «bien commun», dit-il.   

«Et donc, moi, je ne regrette rien, affirme le chef péquiste. On a fait cette démonstration que, pour nous, le bien commun des Québécois était plus important que nos différences partisanes.»   

M. Lisée assure qu’il connaissait déjà les éléments qu’il reproche aujourd’hui à QS. Il a tout de même proposé une alliance «parce que nous avions espoir que des forces positives au sein de Québec solidaire voulaient le bien commun, nous le disaient, et on les voyait travailler, faire le tour du Québec en faisant cette démonstration-là.»

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