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Le PLQ bloquera la réforme du mode de scrutin, dit Couillard

Les libéraux n’ont pas de veto, ont rétorqué les autres partis

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard

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MONTRÉAL | La réforme du mode de scrutin demande «au minimum» un vote unanime à l’Assemblée nationale et le PLQ s’y opposera coûte que coûte, dit Philippe Couillard. La CAQ, le PQ et QS rétorquent que les libéraux n’ont pas de «droit de veto» sur cette question.

«Je pense que tout le monde s’entend que pour changer quelque chose d’aussi important que le mode de scrutin ça prend au minimum un vote unanime à l’Assemblée nationale. [...] À cette proposition, je dis non au nom des régions», a affirmé le chef libéral lors d’un point de presse à Montréal. Aucune loi ne l’exige, mais il s’agit d’un strict minimum selon M. Couillard.

La Coalition avenir Québec, le Parti québécois et Québec solidaire se sont tous engagés à changer le mode de scrutin uninominal à un tour par un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire. Les citoyens seraient appelés à voter pour un député de leur région, mais aussi pour un parti politique. Certains élus représenteraient des circonscriptions et d’autres seraient sélectionnés à partir d’une liste régionale présentée par partis.

Pour le Parti libéral du Québec (PLQ), il n’y a aucune discussion possible. «Ils peuvent le faire, et moi j’ai la légitimité politique de dire qu’au nom des régions je m’y oppose. Sur cette proposition non, il n’y a pas de discussion à avoir parce que ça nuit aux régions», a dit M. Couillard.

Il estime que la réforme du mode scrutin est imaginée à Montréal et «concoctée dans les grandes villes» en opposition à l’Abitibi, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie et la Mauricie.

Il accuse les autres partis politiques de ne pas prendre en considération les citoyens qui habitent en région.

Pas de référendum

Contrairement à ce qu’il a affirmé au Devoir lors d’une entrevue éditoriale au matin, Philippe Couillard ne veut toutefois plus parler de référendum sur cette question. Au Devoir, il a indiqué qu’il «faut avoir l’assentiment des partis politiques, ou alors il faut demander au peuple de se prononcer sur une chose aussi fondamentale», a-t-il dit. En conférence de presse, il a plutôt dit qu’il laissait «les référendums aux péquistes».

Le PLQ n’a pas de veto

Le chef caquiste a déploré la sortie du chef libéral. «S’il y a une majorité de députés à l’Assemblée nationale qui appuient ce changement, il sera fait ce changement-là, puis ce n’est pas vrai que Philippe Couillard va apposer un veto puis va exiger un référendum pour modifier le mode de scrutin», a dénoncé François Legault lors d’un point de presse en Abitibi. Il a rappelé que trois partis sur quatre représentés à l’Assemblée nationale sont en faveur de cette réforme des institutions démocratiques.

Jean-François Lisée estime de son côté que Philippe Couillard souhaite «empêcher un système qui a servi les libéraux d’être modifié». Il ne reconnaît pas lui non plus un droit de veto libéral.

De son côté, Manon Massé de Québec solidaire ne craindrait pas un référendum sur le sujet, car un sondage réalisé plus tôt cette année aurait révélé un appui fortement majoritaire à l'idée. «Je crois que c'est autour de 80 % de la population qui souhaitait une réforme du mode de scrutin. Alors je ne suis pas trop inquiète de la réponse du peuple québécois... sauf s'il [Philippe Couillard] se met à faire de la démagogie comme je l'entends actuellement», dit Mme Massé.

- Avec la collaboration de Dominique Scali, Patrick Bellerose et Marc-André Gagnon