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[PHOTOS]: Des organes et ossements vieux de près de 200 ans exposés à McGill

Le Dr Richard Fraser.
Sébastien St-Jean / Agence QMI Le Dr Richard Fraser.

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Témoignant de près de 200 ans de médecine à l’Université McGill, de véritables cœurs, poumons, crânes et cerveaux humains préservés dans le formol seront dévoilés pour la première fois au grand public avec l’ouverture d’un musée médical lundi.

Un cœur ayant souffert d’un infarctus, un cerveau endommagé lors d’un accident vasculaire cérébral, un poumon affecté par la tuberculose et une impressionnante boule de cheveux retirée d’un estomac humain; voilà le genre de bizarreries que vous pourrez observer dès cette semaine au musée médical Maude Abbott de l’Université McGill, qui ouvre ses portes pour la première fois au grand public.

Le Dr Richard Fraser.
Sébastien St-Jean / Agence QMI

Les dizaines de spécimens exposés ont été sélectionnés parmi la collection médicale de l’établissement d’enseignement supérieur et remontent pour la plupart à la fin du 19e et au début du 20e siècle. Ils ont en majorité été récupérés lors d’autopsies réalisées à l’Hôpital général de Montréal et à l’Institut médical de Montréal, l’ancêtre de l’Université McGill.

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Sébastien St-Jean / Agence QMI

La pièce la plus ancienne date de 1822 et est surnommée «cœur de Holmes». Après avoir réalisé une autopsie sur le cadavre d’un homme d’à peine 20 ans qui souffrait d’insuffisance cardiaque, le Docteur Andrew Holmes, l’un des quatre fondateurs de l’Université McGill et le tout premier recteur de la Faculté de médecine, a décidé de conserver son curieux cœur.

«Il a gardé le cœur parce que c’était très étrange pour lui. Il n’avait qu’un seul ventricule, au lieu de deux», a expliqué le directeur du musée et pathologiste, Rick Fraser. «C’est un cœur qui est assez connu dans le monde médical. Beaucoup de personnes connaissent son nom.»

Préserver le savoir

Le Dr Richard Fraser.
Sébastien St-Jean / Agence QMI

 

C’est grâce au Dr Fraser, qui pratique la médecine depuis plus de 40 ans, que le musée médical a pu voir le jour. «Je voulais garder ça et je veux être certain que ça va être préservé. Pas pour moi, mais pour le futur, pour McGill, pour la société. C’est valable pour tout le monde de savoir ce que nous faisons ici et ce que nous avons fait.»

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Bon nombre de spécimens n’avaient pas été manipulés depuis des décennies. Un squelette vieux de plus de 100 ans a par exemple dû être dépoussiéré d’une épaisse couche de résidus avant d’être exposé.

«Il y a des choses ici qui étaient dans des pupitres de profs depuis longtemps. Le reste, c’était dans des entrepôts», a raconté Rick Fraser.

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Sébastien St-Jean / Agence QMI

Si visiter le musée Maude Abbott peut sembler être une activité morbide aux yeux de certains, Rick Fraser croit plutôt que le savoir qui y réside contribuera à mieux comprendre les maladies qui touchent de nombreuses personnes.

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Sébastien St-Jean / Agence QMI

«Il y a des gens qui vont voir ces spécimens et qui, soit eux-mêmes ou soit des personnes qu’ils connaissent, auront eu des maladies comme ça, comme un infarctus. Quand on le voit, je pense que ça fait une différence, on sait plus ce que ça veut dire», a-t-il mentionné. «Ça peut aussi être une autre façon de mieux comprendre la vie et la mort.»

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