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Un chevreuil aperçu à côté d’un troupeau en quarantaine en raison d’une maladie «très contagieuse»

Un chevreuil aperçu juste à côté d’un troupeau en quarantaine en raison d’une maladie « très contagieuse »

Une photo aérienne prise samedi montre un cerf de Virginie en liberté à quelques mètres d’un troupeau en captivité qui devrait être en quarantaine depuis une semaine.
Photo courtoisie Une photo aérienne prise samedi montre un cerf de Virginie en liberté à quelques mètres d’un troupeau en captivité qui devrait être en quarantaine depuis une semaine.

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BOILEAU | Des chevreuils en liberté peuvent toujours s’approcher à quelques mètres d’un troupeau d’élevage suspecté d’être gangrené par une maladie dangereuse et très contagieuse.

Une photo aérienne prise samedi par un pilote amateur qui souhaite garder l’anonymat montre un cerf de Virginie à quelques mètres seulement du troupeau en quarantaine à Boileau, dans les Laurentides.

Il y a une semaine, les spécialistes ont diagnostiqué chez un individu de ce troupeau d’élevage un cas de maladie débilitante du cervidé, un problème de santé semblable à la maladie de la vache folle.

« C’est un chevreuil. Je suis un chasseur et je connais ça. J’ai tourné autour [en avion] et j’ai pu clairement l’identifier », a-t-il dit.

La photo a été croquée par la fenêtre de l’aéronef à l’aide d’un téléphone cellulaire.

La preuve de la présence de l’animal sauvage tout près du troupeau possiblement malade inquiète les chasseurs qui craignent que la maladie se propage partout au Québec.

Choquant

Cette situation choque notamment le directeur général de la Fédération québécoise des chasseurs et pêcheurs (FQCP), Alain Cossette.

« On voit bien qu’ils ne font rien. Il devrait y avoir une double clôture depuis la semaine passée et les inspecteurs du MAPAQ devraient y être », dénonce celui qui représente 125 000 pêcheurs et chasseurs.

Tout le cheptel devrait avoir été abattu depuis la semaine passée, selon lui.

« On voit clairement, et on le sait, qu’il y a des contacts entre les animaux sauvages et les animaux dans les enclos. On n’avait pas besoin de la photo. Mais là, c’est clair », ajoute M. Cossette.

Le Journal s’est à nouveau rendu sur place ce week-end et tous les animaux étaient en liberté dans des enclos qui se terminent au bord des routes.

Québec a confirmé que les bêtes qui étaient directement en contact avec l’animal malade ont été analysées et qu’elles n’auraient pas la maladie.

Le porte-parole du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) s’est fait rassurant.

« Tous les animaux [d’élevage] qui ont été en contact avec la bête malade ont été tués », explique Yohan Dallaire Boily, porte-parole du MAPAQ.

Pas de risque ?

Il ne peut cependant pas exclure qu’il y ait encore des risques de propagation de la maladie.

« Le MAPAQ, l’Agence canadienne d’inspection des aliments [ACIA] et nos agents de la faune ont été proactifs, agissant dès la détection de la maladie dans un élevage. Ils mènent actuellement des opérations intensives et coordonnées sur le terrain », a fait savoir le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, Luc Blanchette.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments a pour sa part répondu par courriel avoir pris immédiatement des mesures de contrôle en mettant tous les cervidés de la ferme en quarantaine le temps de l’enquête.

Très contagieux

Michel Baril, biologiste à la FQCP, affirme que cette maladie est très contagieuse et tue l’animal en quelques mois. Il est recommandé de ne pas manger la viande des animaux atteints.

La problématique réside dans le fait que la protéine responsable de la maladie est résistante et peut se déplacer avec la pluie selon le biologiste Michel Baril.

M. Baril explique que la protéine responsable de la maladie se transmet par les fluides des animaux et par les excréments.

Elle est également résistante au froid et à la chaleur. Un terrain peut donc être contaminé pour plus d’une dizaine d’années.