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[PHOTOS] Voici la petite histoire du téléphone à Québec

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Les plus âgés se souviendront sans doute de l'époque où les numéros de téléphone comportaient des lettres, et ce, à Québec comme ailleurs. Par exemple, on appelait au LA5-5191. Pourquoi en était-il ainsi? Petit retour en arrière.

Le téléphone est inventé en 1876 par Alexander Graham Bell. Dès 1878, plusieurs Québécois, dont l'horloger Cyrille Duquet, s'intéressent à l'invention et se dotent d'un appareil téléphonique. En 1880, un premier bureau central est ouvert par la Compagnie Bell dans la côte de la Fabrique, voisin de l'actuel Simons. Sigismund Mohr sera le premier à en faire la promotion dans la capitale, tout comme il le fera pour l'éclairage électrique quelques années plus tard.

Sigismund Mohr, The Bell Canada Historical Collection.
Sigismund Mohr, The Bell Canada Historical Collection.

Il y a alors 79 abonnés. Pour pouvoir communiquer entre eux, le lien doit être direct entre leurs appareils. Pour éviter qu'un abonné ait autant de téléphones que d'interlocuteurs à rejoindre, on utilise des standardistes qui, à partir du central, modifient les connections de fils pour relier les utilisateurs entre eux. C'est l'époque où on devait demander à la standardiste le numéro de la personne qu'on voulait rejoindre.

En 1898, Bell se fait construire un édifice sur la rue Saint-Jean, au coin de la rue Sainte-Angèle. Plus tard, cet immeuble sera allongé en façade sur la rue Saint-Jean et il sera rehaussé d’un étage, et ce, en conservant le style initial. En 1951, le ministère de la Défense nationale en fait l’acquisition et y installe son centre de recrutement. Il y sera jusqu’en 2007 alors qu’on transforme l’édifice en lofts. Depuis 2010, le rez-de-chaussée est occupé par une pharmacie Jean-Coutu.

Édifice Bell de la rue Saint-Jean en 1908, BAnQ Fonds Action catholique.
Édifice Bell de la rue Saint-Jean en 1908, BAnQ Fonds Action catholique.

Vers 1925, le nombre d'abonnés atteint 10 000. On uniformise donc les numéros de téléphone qui auront tous désormais cinq chiffres.

Publicité tirée du journal Le Soleil du 9 mai 1931.
Publicité tirée du journal Le Soleil du 9 mai 1931.

La popularité du téléphone est telle que vers 1951, le nombre d'abonnés dans la région de Québec atteint les 100 000. Ce phénomène se produit déjà partout dans le monde depuis un moment. On doit forcément augmenter le nombre de chiffres du numéro de téléphone, mais on craint que les gens aient de la difficulté à se souvenir de six ou sept chiffres. On introduit alors un mot au début du numéro dont les deux premières lettres correspondront à des chiffres. Les numéros sont en effet plus faciles à mémoriser ainsi et c'est l'apparition des lettres sur le cadran du téléphone. Le mot correspond au nom du central auquel l'abonné est relié.

Publicité tirée de l'Annuaire Marcotte de Québec de 1957.
Publicité tirée de l'Annuaire Marcotte de Québec de 1957.

À Québec, jusqu'en 1958, le nombre de centraux passera d'un à huit. Les noms des centraux (ou exchanges en anglais) raviveront certainement en vous des souvenirs :

  • 1951 : Lafontaine - LA ou 52 (Québec)
  • 1952 : Montcalm - MO ou 66 (Giffard et Beauport)
  • 1953 : Marquette - MA ou 62 (Charlesbourg)
  • 1953 : Murray - MU ou 68 (haute-ville)
  • 1953 : Terminus - TE ou 83 (Lévis)
  • 1956 : Victoria - VI ou 84 (Loretteville)
  • 1958 : Olympia - OL ou 65 (Sainte-Foy)
  • 19?? : Trinité - TR ou 87 (Ancienne-Lorette)

Des Québécois contribueront au développement du téléphone. En effet, le 3 janvier 1878, l'horloger Cyrille Duquet réussit une conversation téléphonique en tenant d'une même main le porte-voix et l'acoustique. Il venait de perfectionner le téléphone de Bell en inventant le combiné téléphonique.

Cyrille Duquet, BAnQ, fonds l'Action catholique.
Cyrille Duquet, BAnQ, fonds l'Action catholique.

En août 1931, Bell offrait le service «Zénith». Il s'agissait d'un service d'appels interurbains sans frais. Il suffisait de demander à la téléphoniste de nous mettre en communication avec le « Zénith-xxxxx » et aucun frais n'apparaissait sur votre facture. Éventuellement, le service Zénith deviendra le 1-800. En 1956, la Compagnie Paquet de la rue Saint-Joseph était la première entreprise de Québec à offrir ce service à sa clientèle.

Publicité tirée du journal Le Soleil du 5 mai 1956.
Publicité tirée du journal Le Soleil du 5 mai 1956.

Vers 1948 étaient apparus les codes régionaux; 418 pour la région de Québec. Aujourd'hui, face à la multiplication des téléphones cellulaires, la région de Québec s'est vue attribué un second code régional, le 581.

En 1961, l'utilisation des noms de central est abandonnée au profit des numéros à sept chiffres. Depuis 2008, les numéros à 10 chiffres sont maintenant en usage.

Jean-François Caron, Société historique de Québec


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