/elections
Navigation

Couillard ne veut plus se laisser «manger la laine sur le dos» par Legault

«Je ne me laisserai plus manger la laine sur le dos»

Le chef libéral, Philippe Couillard
CAPTURE D'ÉCRAN, TVA NOUVELLES Le chef libéral, Philippe Couillard

Coup d'oeil sur cet article

RIMOUSKI – Déterminé à répondre désormais aux allégations de François Legault par d’autres allégations, Philippe Couillard a suspecté le chef caquiste d’être sous l’influence du milliardaire et cofondateur de la CAQ, Charles Sirois, ce que le principal visé a vite nié.

«Je vais vous dire comme on dit dans les établissements scolaires. C’est-tu moi qui a commencé ? Je veux juste montrer que ce jeu-là, s’il veut le jouer, il se joue», a lancé le chef libéral, mercredi, lors d’une mêlée de presse dans un cégep en Beauce.

M. Couillard n’a pas digéré les attaques de François Legault contre Pietro Perrino, «un petit ami libéral» nommé secrétaire général qui œuvre au sein de la Société québécoise du cannabis (SQDC). M. Legault a fait savoir qu’il lui montrera la porte s’il prend le pouvoir, en raison de son rôle joué dans le scandale des Fonds d’investissements régionaux (FIER), en 2009.

«Le vérificateur général a blanchi M. Perrino», a répliqué le chef libéral, en rappelant que Charles Sirois, un «petit ami de la CAQ», était à l’époque un partenaire d’affaires de M. Perrino dans le FIER en question. «Que va-t-il faire avec son partenaire d’affaires?», a lancé M. Couillard.

Lorsqu’un journaliste lui a demandé s’il s’abaissait à lancer de la boue, il a répliqué : «Je ne vais rien laisser passer. J’ai fini de me faire manger la laine sur le dos. Si quelqu’un fait des attaques, je vais répliquer».

Legault nie et contre-attaque

Aussitôt arrivé à Rimouski, mercredi soir, le chef caquiste a résumé la sortie de son adversaire à une «triste fin de campagne». «Triste fin de régime», a-t-il ajouté. M. Legault a rappelé qu’à l’époque du scandale des FIERS, en 2009, il «ne connaissait pas» encore M. Sirois, avec qui il a fondé la CAQ en 2011.

Le chef caqusite a aussi balayé du revers de la main une autre accusation lancée par M. Couillard, à l’effet que la CAQ s’abstiendrait de prendre position sur l’accaparement des terres agricoles en raison d’une proximité entre avec l’entreprise Pangea», dirigée par M. Sirois. «C’est une question. Je sers à M. Legault sa propre médecine», a affirmé M. Couillard.

Legault répète qu’il est «pas achetable»

«C’est complètement ridicule, a répondu M. Legault devant les journalistes. Vous étiez à l’UPA, j’ai dit à l’UPA ce que je vais vous dire puis répéter: "je ne suis pas achetable". Il n’y a pas personne qui m’influence.»

Soulignant au passage que «l’UPA aurait aimé ça faire elle-même ce genre d’activité-là (la financiarisation des terres agricoles)», M. Legault a rappelé que le gouvernement libéral a obtenu un rapport qui en arrive à la conclusion que les activités de Pangea n’ont eu aucun impact sur le prix des terres.

«Ce que j’ai dit, c’est que si à un moment donné il y avait un impact, je vais être le premier à agir», a dit le chef de la CAQ.

Dubé lié à Pangea, selon Couillard

Multipliant les questions, Philippe Couillard a également lié Pangea à Christian Dubé, candidat vedette de la CAQ et ancien vice-président de la Caisse de dépôt. «Il a participé à l’architecture financière de Pangea», a dit M. Couillard. À l’instar de Gaétan Barrette, cette semaine, le chef libéral a demandé à Christian Dubé de rendre des comptes sur la vente de Lumenpulse, une entreprise dont sa femme était actionnaire. Le «Journal de Québec» a révélé en septembre que M. Dubé «ne se souvient plus» s’il a quitté les réunions de la Caisse lorsque l’avenir de cette compagnie était discuté.

«C’est très simple : est-ce que M. Dubé a participé oui ou non aux réunions et aux décisions? Si on nous pose des questions en attaquant, je vais tout simplement répondre calmement en substance, mais avec d’autres questions que ça soulève», a-t-il dit.

Couillard critique les médias

M. Couillard a repris l’expression fétiche de M. Legault qui se demande si «les fameux petits amis de la CAQ» influencent les décisions que la Coalition prend. «La question peut se poser», a-t-il affirmé.

M. Couillard pratique-t-il le sophisme de la double faute, en se donnant le droit de lancer des attaques puisque M. Legault fait la même chose ? «Vous ne pouvez pas me reprocher de ne pas me laisser faire», a-t-il rétorqué. Il a toutefois ajouté «qu’il ne veut pas nécessairement continuer sur ce ton-là».

Le chef libéral a ensuite critiqué les médias. Ils n’ont pas selon lui mis au défi M. Legault d’expliquer ses positions et qui dit «n’importe quoi» depuis plusieurs années.