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Le maire Labeaume veut prendre de jeunes élèves américains sous son aile

En visite dans la classe de français de Matthew Jones à l'école secondaire William Bodine de Philadelphie, le maire de Québec, Régis Labeaume, a longuement discuté avec les élèves qui voulaient tout savoir du travail de maire.
Photo Stéphanie Martin En visite dans la classe de français de Matthew Jones à l'école secondaire William Bodine de Philadelphie, le maire de Québec, Régis Labeaume, a longuement discuté avec les élèves qui voulaient tout savoir du travail de maire.

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PHILADELPHIE | Régis Labeaume a été si touché par les élèves d’une classe de français de Philadelphie qu’il a décidé de les aider à venir en échange scolaire à Québec.

À l’école secondaire William Bodine, située dans un quartier défavorisé de Philadelphie, on est accueilli par un agent de sécurité et un détecteur de métal.

Malgré toutes les bonnes intentions du personnel, les lieux sont défraîchis et suffocants et auraient besoin d’une bonne cure de jeunesse.

Mais dans la classe du professeur de français Matthew Jones, les élèves ont l’esprit vif. Hier, le maire de Québec est allé leur rendre visite, sur recommandation d’Andrea Townrow, directrice du bureau du Québec pour le commerce à Philadelphie.

Échanges

Les questions ont fusé de toutes parts. Les élèves voulaient tout savoir du rôle de maire et de ses difficultés.

Régis Labeaume leur a parlé à visière levée. «Quand j’ai été élu, j’étais heureux, bien sûr. Mais une partie de moi était triste. Parce que je savais que ça changerait tout pour ma famille. C’est difficile pour la famille.»

Il a aussi abordé la tuerie de la mosquée. «Je ne reconnaissais plus ma ville. C’était du racisme. Et maintenant, notre plus grand défi est de travailler avec les gens parce qu’on vit ensemble et on doit se comprendre.»

En retour, M. Labeaume les a questionnés sur ce qu’ils voudraient changer dans leur ville et dans leur pays.

Les réponses étaient spontanées et révélatrices. «Ici, il y a du profilage racial, basé sur la couleur de la peau», a répondu une élève. «Je n’aime pas que des enfants soient blessés par des armes dans des écoles», a glissé une autre. «Il y a des gens qui sont tués dans des fusillades. J’ai honte que ça se passe dans mon pays», ajoute une troisième.

«Pensez-vous que des personnes tenteraient d’introduire des armes dans l’école s’il n’y avait pas ces détecteurs de métal à l’entrée?» a demandé le maire, sonné. La réponse des élèves a été sans équivoque : «Oh oui.»

«Une injustice»

«C’est l’exemple parfait de la politique américaine et de l’injustice dans ce pays», s’est indigné le maire après la visite.

«Des gens de cet âge-là, ils sont en train de leur couper les jambes pour l’avenir.»

Soucieux de faire quelque chose pour les aider, il a demandé qu’on évalue la possibilité de les jumeler avec une classe de Québec et d’organiser un échange. «Si on en allume un dans la classe avec un voyage, c’est un pas en avant.»