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Championnats du monde sur route junior: la cycliste de Québec Simone Boilard en bronze

La cycliste de Québec termine troisième aux Championnats du monde sur route juniors

Simone Boilard (à droite) est devenue la première cycliste canadienne en 18 ans à monter sur le podium des Championnats du monde de cyclisme sur route juniors. L’athlète de Québec a terminé tout juste derrière l’Autrichienne Laura Stigger (au centre)  et la Française Marie le Net.
Photo courtoisie, Cyclisme Canada Simone Boilard (à droite) est devenue la première cycliste canadienne en 18 ans à monter sur le podium des Championnats du monde de cyclisme sur route juniors. L’athlète de Québec a terminé tout juste derrière l’Autrichienne Laura Stigger (au centre) et la Française Marie le Net.

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En décrochant le bronze, la cycliste de Québec Simone Boilard a réussi ce qu’aucune autre coureuse canadienne n’avait accompli depuis 2000, lorsqu’elle est grimpée sur la troisième marche du podium aux Championnats du monde de cyclisme sur route juniors, jeudi, en Autriche.

La dernière à avoir réussi l’exploit était Clare Hall-Patch, de Victoria. Geneviève Jeanson avait aussi obtenu des médailles en 1998 et 1999, mais elle a admis depuis qu’elle était dopée depuis l’âge de 16 ans. Chez les hommes, Guillaume Belzile, de Rimouski, avait aussi été décoré en 1994.

« C’est une joie de savoir ça, mais à long terme, je veux pouvoir faire ça dans la catégorie élite. Ce qui a toujours été un rêve pour moi peut devenir un objectif », a lancé, très terre à terre, l’héroïne du jour lors d’un entretien téléphonique avec Le Journal en direct d’Innsbruck, où elle naviguait à travers les nombreuses demandes.

Pas une surprise

Si la cycliste de 18 ans ne semblait pas forcément sur un nuage inatteignable au terme de son effort de 1 h 56 min 26 s sur le parcours de 71,1 km, c’est que les signes annonciateurs de son exploit jalonnaient son cheminement depuis un an.

Forte d’une huitième position dans ce même championnat en Norvège, en 2017, Boilard a pédalé ces derniers mois avec l’Autriche dans la mire.

« Je suis vraiment très contente et satisfaite, mais pour être honnête, dès l’an passé après ma huitième position, je savais que cette année je pouvais faire gros si j’y croyais et que je travaillais.

« Ç’a été une grosse année d’évolution, autant sur le plan mental que physique. Au-delà du résultat, je suis encore plus fière du processus. Ce n’est pas une surprise, je voulais vraiment la médaille et je suis contente de la manière dont j’ai géré tout ça ».

Échappée à quatre

À environ 17 km de l’arrivée, Boilard a rejoint une échappée comprenant quatre Italiennes, quatre Françaises et quatre Russes, notamment. Seule Canadienne du lot, elle est parvenue à se détacher au sein d’un trio de tête avec l’éventuelle championne, l’Autrichienne Laura Stigger.

La Française Marie Le Net a vite rejoint le groupe et finalement terminé en deuxième position, tandis que Boilard a suivi. « Je savais que ce serait tactique à la fin dans un petit groupe déchiré. J’ai assumé beaucoup la chasse et si je ne l’avais pas fait, peut-être qu’on se faisait reprendre. Je suis satisfaite de ma troisième position, même si je pense que j’aurais pu gagner. J’ai pris des décisions tactiques et il faut que je les assume. Je me suis laissée un peu impressionner, mais le résultat est quand même magique ».

Brillant avenir

Celle qui avait frôlé le podium avec une cinquième place au contre-la-montre plus tôt cette semaine a donc fait de brillants adieux à la scène junior. Fière de cette dernière course qui « m’a mise sur la mappe internationale », elle entrevoit la suite sur la scène élite sans trop de tracas.

« Il y a des choses qui se passent, qui sont dans l’air. Pour l’instant, il n’y a rien de conclu et on verra ce qui va se passer. Je ne suis pas vraiment stressée pour la suite. Avec mon entourage, on va trouver le meilleur pour moi. »

 

« Elle fait partie des grandes »

 

Si elle est aujourd’hui une junior décorée, Simone Boilard a d’abord été une bibitte angoissée. Celle qui a travaillé de pair avec elle pour rendre ce changement de statut possible, son entraîneuse Christine Gillard, a pu savourer le moment à ses côtés.

Gillard est celle qui a pris Boilard sous son aile à ses modestes débuts dans le cyclisme il y a 10 ans. Auprès d’elle jeudi à Innsbruck, sa complice depuis toujours peinait à croire tout le chemin parcouru. « Il y a beaucoup d’émotions... En la voyant ici en Autriche sur le parcours, je n’ai pas pu faire autrement que me rappeler de ses débuts au niveau bibitte. Simone a tout le temps eu l’angoisse d’aller plus loin, de faire mieux. On a toujours travaillé lentement, en renforcement positif.

« Là, je peux constater tout le travail qu’elle a accompli. J’ai pu voir toutes les étapes, au-delà du résultat. Je suis très fière. Disons que c’est une grosse journée de paye ! » a rigolé Christine Gillard.

Même si sa protégée estime qu’en cours de route, elle a dû prendre des décisions tactiques qui lui ont peut-être coûté la victoire, sa fidèle conseillère n’a pas tari d’éloges. « C’est non seulement une grande course, mais sa course la plus intelligente. Elle a été excessivement patiente. Un podium, c’est exceptionnel. Elle fait partie des grandes », s’est-elle réjouie.

Une inspiration

Pour sa part, le directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes, Louis Barbeau, a également sorti l’encensoir. « Les podiums canadiens au championnat du monde junior, c’est excessivement rare. C’est un résultat qui était attendu et espéré, mais encore fallait-il pouvoir le faire », a-t-il souligné.

« Ça montre qu’on est capable de produire des athlètes de haut niveau. Ça va inspirer une quantité de jeunes qui vont se dire qu’il est possible d’aspirer à performer au niveau international. Son résultat s’inscrit dans la continuité des choses. »

Pour la suite, Christine Gillard entend faire en sorte que ce coup d’éclat ne vienne pas brûler d’étapes pour Boilard.

« On va voir les portes qui vont s’ouvrir, mais on a une athlète d’exception entre nos mains. On va faire attention à ce diamant. Ce n’est que le début ».