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Fouille générale pour trouver du fentanyl à Donnacona

pénitencier de Donnacona
Photo d’archives

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Sous la pression des agents correctionnels du pénitencier de Donnacona, tout un secteur de l’établissement qualifié de « problématique » quant à la consommation de fentanyl fait présentement l’objet d’une fouille générale pendant laquelle aucune visite n’est autorisée.

Alors que le fentanyl est presque inexistant à Québec, à 40 kilomètres d’ici, au pénitencier de Donnacona, cette drogue est omniprésente.

Surdoses

Des surdoses sont d’ailleurs survenues les 6, 8, 15, 24 et 26 septembre.

Les six détenus ont tous été réanimés par des agents correctionnels grâce à la naloxone, l’antidote au fentanyl.

Il y a 10 jours, pas moins de 23,5 grammes de fentanyl avaient été trouvés dans le boîtier luminaire d’une cellule.

La cachette contenait également de l’héroïne, du hasch, des cellulaires ainsi que des cartes sims pour une valeur de 47 000 $ sur le marché.

Plus tôt cette semaine, une autre fouille a permis de découvrir une fenêtre cassée camouflée par un morceau de carton.

C’est donc dire qu’un drone pouvait faire directement la livraison de sa marchandise à la cellule.

« Notre administration ne fait rien pour essayer d’enrayer tout ça », déplore un gardien de Donnacona avec qui Le Journal s’est entretenu et qui ne voulait pas être identifié.

Frustration et inquiétude

« On est chanceux parce qu’on les sauve tous », a-t-il ajouté. Sauf que les agents ont aussi peur d’inhaler la dangereuse poudre de fentanyl lors des fouilles.

« Admettons qu’il y a de la poudre dans un livre et nous on prend le livre et que ça nous tombe dessus, nous autres aussi on tombe », illustrait cet agent.

Les gardiens ont donc refusé de travailler jeudi matin afin de mettre de la pression sur l’employeur.

En réponse, Service correctionnel canadien a ordonné l’isolement cellulaire 23 h sur 24 le temps de fouiller une unité d’environ 300 cellules où « 95 % des overdoses se passent », selon le président du syndicat de Donnacona, Yan Garneau.

Les visites ont aussi été suspendues pendant la fouille qui devrait se terminer aujourd’hui.

Reste que le syndicat veut enrayer le problème pour de bon. « On demande des scanneurs corporels, mais le gouvernement traîne de la patte », affirme M. Garneau.