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Entrevue éditoriale avec les chefs: «Je ne suis pas rancunière!» - Manon Massé

Manon Massé compte appuyer les propositions qui vont améliorer la vie des Québécois

De passage à Québec vendredi pour fouetter ses troupes dans les comtés de
Taschereau et de Jean-Lesage, où Québec solidaire a des chances de percer, Manon Massé nous a accordé une entrevue au restaurant du rez-de-chaussée de l’hôtel Le Concorde.
Photo Stevens LeBlanc De passage à Québec vendredi pour fouetter ses troupes dans les comtés de Taschereau et de Jean-Lesage, où Québec solidaire a des chances de percer, Manon Massé nous a accordé une entrevue au restaurant du rez-de-chaussée de l’hôtel Le Concorde.

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Malgré les attaques répétées de son adversaire Jean-François Lisée durant la campagne, Manon Massé promet de faire équipe au besoin avec le Parti québécois dans l’éventualité d’un gouvernement minoritaire, pour veiller aux intérêts des Québécois.

« Moi, je ne suis pas rancunière ! lance la co-porte-parole de Québec solidaire en entrevue éditoriale avec notre Bureau parlementaire. Si se mettre ensemble derrière une idée peut nous assurer que le monde va améliorer ses conditions de vie, on va le faire. »

Mais la confiance est fragile. Manon Massé admet du même souffle qu’elle se méfie du chef péquiste, notamment en matière de lutte aux changements climatiques.

« Comment je peux faire confiance à cet homme-là qui, il y a quelques mois, quelques années, a fait partie de ce gouvernement qui a accepté la fracturation hydraulique d’une île (Anticosti) » et qui a appuyé le projet « extrêmement polluant » de cimenterie à Port-Daniel ?

En visite dans un comptoir alimentaire de Québec, jeudi.
Photo Jean-François Desgagnés
En visite dans un comptoir alimentaire de Québec, jeudi.

L’élection d’un gouvernement minoritaire étant un scénario hautement probable le 1er octobre, les alliances politiques seront toutefois monnaie courante au cours des prochains mois, des prochaines années.

« Toute proposition qui va assurer qu’on prend soin du monde, de notre planète, on va être derrière. Toute proposition qui fait l’inverse, on va se battre jusqu’au bout », insiste la solidaire.

Il manque des fonctionnaires

Selon Manon Massé, l’État québécois a perdu son expertise à force de coupes et de restrictions budgétaires, notamment au ministère des Transports ou en informatique. « Je pense qu’il manque des fonctionnaires. Il faut redonner de l’expertise à notre fonction publique, et là, je ne parle même pas de nos services publics, parce que là, que ce soit en orthophonie, chez les hygiénistes dentaires, name it, c’est une grosse lumière rouge qui s’allume. »

Le programme de QS comporte plusieurs projets de nationalisation d’entreprises dans divers secteurs qui marquent l’imaginaire, qu’on pense à l’industrie minière, forestière ou bancaire.

Nationaliser plus tard

Manon Massé, en progression dans les intentions de vote, précise que la majorité de ces projets ne sont pas au menu d’un premier mandat solidaire. « Dans mon premier mandat, l’engagement qu’on a pris, c’est de nationaliser le transport interurbain, point barre », insiste-t-elle.

La co-porte-parole solidaire reconnaît qu’elle n’a pas d’étude d’impact de cette mesure sur l’économie québécoise, pas plus que sur l’augmentation de l’impôt des grandes entreprises. Elle ne craint pas toutefois que cette dernière proposition fasse fuir les compagnies.

« Ces entreprises-là aiment ça se retrouver aussi dans des pays où le niveau de sécurité est bon, où il fait bon vivre, où l’éducation de la population leur permet d’avoir accès à des gens formés », plaide-t-elle.

Son bilan de campagne

  • Distance parcourue en campagne : +10 500 Km
  • Total des engagements : 30,7 G$

Moment décisif

« Les débats de chefs, c’est toujours un moment tournant. Beaucoup de gens attendent ce moment-là, ça fait partie de notre culture politique, le débat des chefs, et pour nous, ça a été clair, ces débats-là ont eu un impact très positif : plusieurs personnes ont découvert Québec solidaire, surtout les anglophones. »

Épisode marquant

« Un moment qui m’a vraiment touchée, c’est quand on est débarqué dans le Témiscamingue, dans un petit village qui s’appelle Ville-Marie, qui a un petit peu plus que 2000 habitants. En plein milieu de la semaine, sur l’heure du midi, il y avait 50 personnes qui nous attendaient ; 50 sur 2000 habitants, c’est comme s’il y avait une centaine de milliers de personnes qui nous attendaient à Montréal. J’y pense et j’ai encore l’émotion qui monte. »