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Pas facile d’être paritaire pour les petits partis politiques

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S’il n’est déjà pas facile pour un petit parti politique de recruter des candidats, il est encore plus difficile pour certains de présenter des équipes paritaires, constate le Journal. Le Parti vert réussit tout de même à se démarquer.

Le Parti conservateur du Québec (PCQ) réussit à présenter 101 candidats cette année. Mais de ce nombre, seules 18 sont des femmes, ce qui représente seulement 18% de leurs candidatures.

Le Parti citoyen au pouvoir présente 16 femmes sur 56 candidats, soit 29%. Le Bloc pot en compte 3 sur une équipe de 29, soit 10%.

Du côté du Nouveau parti démocratique du Québec (NPDQ), on est sous la parité, soit à 31%.

«Je trouve que c'est un bon pourcentage pour un parti qui a fait sa première assemblée générale de membres en avril 2017, affirme Thierry Gervais, directeur de campagne du NPDQ.

Les verts se démarquent

On constate toutefois que le Parti vert du Québec se démarque. Avec 56 candidates sur 97 (et deux agenres, donc qu’ils ne s’identifient à aucun des deux sexes traditionnels), il présente le pourcentage le plus élevé (58%) de femme tous partis confondus.

Et même avec une plus petite équipe que les quatre partis représentés à l’Assemblée nationale, le PVQ compte davantage de femmes en nombre que le Parti libéral du Québec (55 femmes) et le Parti québécois (51 femmes).

Obstacle pour les petits partis

Le chef du PCQ, Adrien Pouliot, se dit très fiers des candidates que le parti a recrutées, mais il ne propose aucune explication sur la raison pour laquelle il peine à recruter des femmes.

Le NPDQ reconnaît de son côté qu’il n’a pas été facile de trouver des candidats cette année. «Recruter des candidats et des candidates est difficile en soi, encore plus pour une formation qui n'a pas de visibilité, pas de moyens, pas de notoriété», souligne M. Gervais, du NPDQ.

«Mais la parité de genre est inscrite dans nos statuts. Il n'y a pas d'ambiguïté là-dessus. À nous de convaincre les femmes de la réaliser», ajoute-t-il.

Éric Montigny, professeur au département de science politique à l’Université Laval, croit que la nouvelle loi électorale est un obstacle pour les petits partis.

Effectivement, entre 2013 et aujourd’hui les dons aux partis politiques sont passés de 1000$ à 100$ par personne. En contrepartie, l’allocation annuelle distribuée en proportion du pourcentage de vote obtenu lors de l’élection précédente a été augmentée.

Par exemple, en 2017 le parti conservateur a obtenu 36 000$ l’an dernier et le Parti vert 51 000$, alors que les grands partis comme la CAQ, le PQ et le PLQ ont reçu entre 2 et 4 millions$. Mais le NPDQ qui n’existait pas en 2014 n’a donc rien reçu.

« Dans ce contexte, ce n’est pas simple de trouver des candidats et clairement les petits partis ont eu de la difficulté à recruter des femmes», souligne M. Montigny.