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«Ma rencontre avec Charles Aznavour a changé le cours de mon existence» - Lynda Lemay

Charles Aznavour au Capitole de Québec en 2012
Photo d'archives, DIDIER DEBUSSCHÈRE Charles Aznavour au Capitole de Québec en 2012

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«Très secouée» par la mort de Charles Aznavour, Lynda Lemay a rendu un hommage touchant à celui qui lui a ouvert les portes de la France. «S’il n’avait pas été là, je n’aurais possiblement pas la même carrière», a-t-elle confié lors d’un entretien avec Le Journal.

C’était en 1996, à Montreux. Lynda Lemay était invitée à prendre part à un hommage à Charles Trenet. Dans la première rangée, Aznavour avait pris place aux côtés de Trenet.

«Une magie a opéré. Après le spectacle, j’avais serré la main de ces deux grands Charles et de Gérard (Davoust, l’éditeur d’Aznavour), qui est devenu mon ami à moi. Cette rencontre a changé le cours de mon existence parce que peu de temps après, Aznavour venait au Québec et je lui avais chanté des chansons sur la scène du Capitole. Déjà, il me donnait des commentaires et des conseils mais toujours en disant en toute humilité : oh mais vous savez, elle n’a pas besoin de mes conseils.»

Un cadeau de la vie

Par la suite, Aznavour n’a jamais lâché cette Québécoise qui l’avait épaté et qu’il avait lui-même décorée de l’insigne de chevalier des Arts et des Lettres directement sur la scène de l’Olympia.

«Il a toujours été généreux. À mes premiers spectacles en France, c’est lui qui avait fait le message sur le répondeur pour inviter les gens à me découvrir. Chaque fois qu’il venait en promotion, il avait de bons mots pour ce que je faisais. Il disait de belles choses sur ce que j’écrivais haut et fort à qui voulait entendre.»

«C’est beaucoup pour moi, enchaîne-t-elle, de penser que cet homme me connaît, me respecte et me demandait son avis sur ses nouvelles chansons. De sentir une complicité avec un homme que j’admire autant, c’est un cadeau que la vie m’a faite.»

Quand il lui parlait du Québec qu’il chérissait tant, Lynda Lemay dit qu’elle voyait toujours «la même flamme dans ses yeux». Des yeux qui s’étaient cependant mouillés lors de leur dernière rencontre au Centre Bell.

«Il me disait, presque les larmes aux yeux, que ses amis du Québec n’étaient plus là quand il venait. Qu’ils étaient tous disparus.»

Les nouvelles étaient pourtant bonnes

Comme tout le monde, Lynda Lemay a été prise de court par l’annonce du décès d’Aznavour, qui rentrait tout juste d’une série de concerts au Japon et apparaissait jusqu’à ce week-end en pleine forme.

D’autant plus qu’elle rentre tout juste de Paris où elle avait croisé leur ami commun Gérard Davoust.

«De toute évidence, ça se passait bien. C’était très positif ce que j’avais comme nouvelles de Charles il y a à peine quelques jours. Ça explique pourquoi je suis encore plus sous le choc. En même temps, il a été sur scène toute sa vie jusqu’au bout, il a été fort et digne. Pour se consoler, on se dit que c’est une chance que son décès arrive de cette façon.»