/news/education
Navigation

Deux villages sauvés grâce à leur école

Le nombre d’élèves a doublé depuis que Québec ne gère plus leurs établissements scolaires

école du ministre
Photo Caroline Lepage Le maire de Lefebvre, François Parenteau, à l’école Sainte-Jeanne-d’Arc qui est toujours ouverte dans cette municipalité.

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-LUCIEN | Deux petites municipalités qui ont déboursé des millions de dollars depuis 25 ans pour garder leurs écoles ouvertes ont réussi à hausser leur population, si bien qu’elles débordent aujourd’hui.

La Commission scolaire des Chênes (CSDC) voulait fermer les écoles de Lefebvre et Saint-Lucien au Centre-du-Québec (près de Drummondville), en 1994, en raison du faible nombre d’élèves.

Les deux petits villages ont alors cru perdre le cœur de leur communauté et ont tout fait pour sauver leur école.

Exceptionnellement, Québec a accepté que les deux municipalités deviennent propriétaires de leur école. Elles devaient cependant payer les frais d’entretien, le salaire des enseignants, etc. Ça représente une facture de quelques millions de dollars depuis 25 ans pour ces deux villages de 883 (Lefebvre) et 1732 (Saint-Lucien) habitants.

Or, la stratégie a fonctionné.

Des quartiers résidentiels avec de jeunes familles se sont développés, ce qui aurait été très difficile sans école dans le village.

Selon les maires, le nombre d’élèves à Saint-Lucien est passé de 78 à 145 alors qu’il a bondi de 45 à 80 à Lefebvre, depuis 25 ans.

« Pas d’école, on était en train de mourir ici », commente Diane Bourgeois, mairesse de Saint-Lucien.

L’école déborde

L’école des Deux Rivières, à Saint-Lucien, manque cruellement d’espace depuis l’explosion du nombre d’élèves. La salle du conseil municipal a même dû être transformée en salle de classe pour accueillir des jeunes. L’école ne compte pas non plus de bibliothèque ou de gymnase.

« Ça nous interpelle », exprime Jean-François Houle, président de la CSDC.

À la demande de la municipalité, la Commission scolaire a entrepris des démarches pour redevenir propriétaire des écoles et demandé 7 millions $ au ministère de l’Éducation pour agrandir l’école de Saint-Lucien.

Si des subventions ministérielles ont allégé la contribution des municipalités au fil des ans, Mme Bourgeois et M. Parenteau estiment payer respectivement environ 100 000 $ et 40 000 $ annuellement pour leur école.

« On veut la remettre [à la CSDC], mais on veut des garanties, une reconnaissance », dit François Parenteau, maire de Lefebvre.

Les deux municipalités rendront leur décision cet automne à la CSDC qui s’engage à garder les écoles ouvertes. M. Houle fait valoir que les règles de financement du ministère favorisent aujourd’hui le maintien des écoles dans les petits milieux, ce qui n’était pas le cas il y a 25 ans.