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Interdiction du cannabis à Québec: les intervenants de la rue parlent de «non-sens»

Mario Gagnon, directeur général de l’organisme Point de Repères.
Photo d’archives, Stevens Leblanc Mario Gagnon, directeur général de l’organisme Point de Repères.

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L’interdiction de fumer du pot dans l’ensemble de la ville de Québec est un «non-sens» qui risque de mener à un «cercle vicieux», selon des intervenants de la rue.

«La question, c’est : “On a le droit où?”» lance, visiblement mécontent, Mario Gagnon, directeur de Point de Repères, qui traite avec la clientèle marginalisée de Québec.

«Zones tampons» nécessaires

«C’est un frein au gain obtenu par rapport à la modification de la loi [sur la légalisation du cannabis].»

M. Gagnon en a particulièrement contre le règlement qui permet aux policiers de donner une infraction contre l’intoxication sur la voie publique, une amende souvent décernée aux marginaux.

«Ça va augmenter le nombre d’amendes que les gens n’ont souvent pas les moyens de payer et se traduire par l’emprisonnement qui coûte cher aux contribuables», dit-il.

Pour sa part, le Regroupement pour l’aide aux itinérants et itinérantes de Québec (RAIIQ) croit que des «zones tampons» sont nécessaires pour la cohabitation.

«Si on interdit partout en sachant très bien qu’il y en a déjà de la consommation de cannabis dans les rues, même si on met en place des mesures plus répressives, les personnes ne disparaissent pas», indique Magalie Lapointe.

Règlement «sans nuances»

Sachant le dossier déjà complexe, les intervenants estiment que l’ajout de règlements municipaux «sans nuances» risque de mener à un «cercle vicieux».

La nouvelle députée solidaire du centre-ville de Québec, Catherine Dorion, s’est d’ailleurs inscrite en faux contre la décision de Québec.

«C’est de toute façon difficile à mettre en application, a-t-elle dit. Va-t-il y avoir du profilage?»

La Direction de santé publique qui a fait une sortie publique la semaine passée pour prévenir les villes contre leur désir d’adopter la ligne dure n’a pas souhaité s’immiscer dans la décision de la Ville de Québec.

- Avec la collaboration de Taïeb Moalla